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Espace: l'Europe préfère l'observation de la Terre à l'exploration habitée
La ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Rercherche Valérie Pécresse (D) au côté de Gunther Verheugen, le 22 juillet 2008 (© AFP - Dominique Faget)
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KOUROU (AFP) - L'Europe veut renforcer ses capacités pour observer la Terre depuis l'espace ainsi que la sécurité de ses satellites, mais ne s'engagera pas seule dans l'exploration habitée, selon les conclusions d'une réunion ministérielle informelle à Kourou (Guyane française).
Quinze ministres et secrétaires d'Etat se sont réunis à l'initiative de la France lundi et mardi au Centre spatial guyanais, base de lancement européenne des fusées Ariane et à partir de fin 2009 des Soyouz russes, pour donner un contenu à l'Europe de l'espace voulue par le Traité de Lisbonne.

Les ministres sont convenus de la nécessité de trouver un financement stable et pérenne au programme d'observation de l'environnement et de sécurité GMES, pour que le Vieux Continent ne soit pas dépendant des Etats-Unis dans ce domaine.


Les Européens veulent aussi éviter les errements du système de navigation par satellites Galileo, concurrent du GPS américain actuellement en construction qui a eu le plus grand mal à être financé.

"Nous devons tirer les leçons de Galileo. L'une d'entre elles est que le programme GMES exige une direction politique forte et durable", a déclaré à Kourou le commissaire européen à l'industrie Günter Verheugen.

Il a indiqué que la Commission européenne présenterait avant la fin de l'année un document sur l'organisation du programme GMES, dont les données seront, pour leur partie civile, mises à la disposition du public. Elles pourront notamment être utilisées par des pays africains menacés par les conséquences du changement climatique.

"Nous avons besoin d'un budget dédié aux activités spatiales au-delà de 2013", a également déclaré M. Verheugen qui a précisé que cela impliquait à ses yeux "une augmentation de l'enveloppe" budgétaire consacrée à ce secteur.

Concernant les vols habités vers la Lune ou Mars, "tout programme d'exploration devra se faire dans le cadre d'un programme mondial ouvert à tous", selon le communiqué français.

La ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Rercherche Valérie Pécresse a indiqué que la France et l'Allemagne, notamment, s'étaient retrouvées sur une position commune sur ce point.

Pour autant, l'Europe ne veut pas fermer la porte à ces missions très onéreuses et à l'utilité contestée: "Nous devons continuer à examiner comment l'Europe participera à l'exploration spatiale", a affirmé le vice-président de la Commission.

M. Verheugen a estimé qu'"il y a un consensus autour du fait que l'espace est politiquement important pour l'Europe en tant que catalyseur pour une meilleure intégration" et aussi en tant que "moteur pour de nouvelles technologies".

Valérie Pécresse s'est réjouie qu'"un certain nombre d'Etats aient commencé à se poser très sérieusement la question de leur entrée dans l'Agence spatiale européenne".

Elle a mentionné la Slovaquie, la Slovénie, Chypre et Malte. La République tchèque est devenue cette année le premier ancien pays de l'Est à coopérer avec l'agence.

Sur le climat, la création d'un nouveau centre européen spécifique, proposée par la France, a été abandonnée au profit d'une coordination des institutions déjà existantes, pour "optimiser l'utilisation des données spatiales", selon un communiqué de la présidence française de l'UE.

"Nous ne voulons pas créer un nouvel institut doté d'une existence physique", a expliqué M. Verheugen.

Publié le: 22/07/2008 à 18:05:20 GMT Source : AFP
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