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L'escalade de la violence au Proche-Orient enflamme le pétrole
LONDRES - La montée de la tension entre Israéliens et Palestiniens et la menace d'embargo de certains producteurs a entraîné une nouvelle poussée de fièvre des cours du pétrole, au plus haut depuis plus de six mois, confortant le mouvement de hausse entamé depuis la fin février.
Vers 16H00 GMT mardi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison rapprochée en mai, référence sur l'International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, valait 26,86 dollars le baril --plus haut depuis le 19 septembre-- après avoir ouvert à 26,75 dollars à la corbeille et clôturé à 25,92 USD jeudi. Le marché londonien était fermé vendredi et lundi en raison des fêtes de Pâques.

A New York, le prix du baril de brut de référence (light sweet crude) pour livraison en mai gagnait 27 cents à 27,15 dollars.


Avec les menaces répétées des Etats-Unis à l'égard de l'Irak, "cela fait un mois qu'il y a une +prime Proche-Orient+ dans le cours du pétrole", qui a gagné 25% depuis la fin février, souligne David Thomas, analyste de la Commerzbank.

Mais "l'aggravation des hostilités dans les territoires palestiniens et les menaces de Saddam Hussein ont rendu les gens encore plus nerveux", a-t-il ajouté.

Les inquiétudes ont été renforcées par les menaces d'embargo agitées par l'Irak, même si le marché doute d'un geste concerté en ce sens des pays arabes.

"L'Irak est prêt à cesser immédiatement les livraisons de brut aux Etats-Unis, en commun avec l'Iran et avec tous ceux qui décident d'en faire autant, et ce sans attendre une unanimité" des pays islamiques producteurs, a déclaré mardi le ministre irakien des Affaires étrangères par intérim Houmam Abdel Khalek.

Une réunion extraordinaire de la Ligue arabe doit avoir lieu mercredi au Caire pour examiner "les mesures à prendre face à l'agression israélienne", selon le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath.

La perspective d'un embargo pétrolier généralisé était jugée improbable par les analystes.

En dépit d'appels de l'Irak et d'autres pays, les pays arabes producteurs de pétrole n'ont pas coupé le robinet du pétrole depuis la crise de 1973.

"Cela reviendrait à scier la branche sur laquelle ils sont assis", estime David Thomas, rappelant l'énorme dépendance de ces producteurs à leurs recettes pétrolières. "Le pétrole du Proche-Orient continuera à arriver aux Etats-Unis", car l'Arabie Saoudite a la capacité de combler très rapidement toute réduction des exportations irakiennes, juge cet analyste.

Mais si la crainte d'un manque de pétrole est peu fondée, la hausse des cours du brut devrait néanmoins continuer en raison d'une conjonction de facteurs, selon les experts.

Selon David Thomas, la convalescence de l'économie mondiale --notamment aux Etats-Unis, premier consommateur mondial de pétrole -- plaide en faveur d'une reprise de la demande de brut.

Les fonds spéculatifs ont d'ailleurs fortement augmenté leurs achats sur les marchés à terme, pariant sur une hausse des cours, observe Christopher Bellew, opérateur de la maison de courtage Prudential Bache.

Enfin, la baisse de production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) mise en place début janvier devrait continuer à soutenir les cours, selon ce courtier.

Le cartel, qui vient de traverser une période de vaches maigres avec des cours en fort repli en 2001, a d'ailleurs fait savoir mardi qu'il n'envisagerait d'augmenter sa production que si le prix du baril de brut atteignait 30 dollars et s'y maintenait longtemps.
Publié le: 02/04/2002 à 22:25:23 GMT
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