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Energie: Enel laisse planer la menace d'une OPA imminente sur Suez
Photo non datée de l'administrateur délégué d'Enel, Fulvio Conti (© AFP/Archives)
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ROME (AFP) - Le numéro un italien de l'électricité Enel a tenu mercredi un conseil d'administration pour étudier le lancement d'une éventuelle OPA hostile sur Suez pour s'emparer d'Electrabel, un projet qui mettrait à mal la fusion Gaz de France (GDF)-Suez voulue par le gouvernement français.
Plusieurs banques italiennes appelées à financer une offre gigantesque de 50 milliards d'euros ont déjà ouvertement fait part de leur soutien et le projet paraît ficelé, selon les détails qui ont filtré dans la presse.

Le conseil d'administration d'Enel se poursuivait en fin d'après-midi.

Il devait se pencher sur le projet d'OPA et son financement et décider de donner à l'administrateur délégué, Fulvio Conti, son feu vert pour qu'il puisse éventuellement lancer l'opération dans les prochains jours, affirme le quotidien Il Sole 24 Ore.

La décision sera prise d'ici la mi-mars et dans tous les cas avant le 23 mars, jour de la présentation du plan stratégique d'Enel aux analystes, poursuit le journal.

Le groupe se refusait officiellement à tout commentaire.

Usine d'Electrabel à Vilvorde, en octobre 2002 (© AFP/Archives - Herwig Vergult)
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Sur le plan stratégique, Enel n'est intéressé que par Electrabel, l'activité électricité de Suez en Belgique, et la menace d'une OPA peut aussi lui servir pour négocier la reprise à l'amiable des actifs de Suez et GDF une fois fusionnés.

Mais pour l'heure, les marchés donnent du crédit à la menace d'une OPA, le titre Suez ayant fini en hausse de 3,24% à 34,07 euros.

"Enel a la capacité (financière) de le faire", mais il n'est pas sûr qu'il lance une telle offre au risque de s'opposer à l'Etat français, estimait un responsable de salle de marché.

Le groupe italien doit notamment composer avec l'attitude de l'Etat italien, actionnaire à 32%, qui n'a pas encore clairement pris de décision, selon le Wall Street Journal.

Une offre hostile d'Enel provoquerait de nouvelles tensions avec la France alors que l'Italie fustige l'attitude du gouvernement français, l'accusant d'avoir précipité la fusion Suez-GDF pour barrer la route à Enel.

Sur le plan financier, au moins neuf banques dont cinq italiennes ont donné leur feu vert pour mettre en place un financement allant jusqu'à 50 milliards d'euros afin d'offrir une prime de plus de 10% aux actionnaires de Suez, indique le quotidien romain Il Messagero.

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"Si l'opération se matérialise, ce sera une belle opération et nous en serons", a déclaré le directeur général de Sanpaolo IMI, Pietro Modiano.

Mediobanca est également disposé à soutenir Enel, a indiqué un membre de son conseil d'administration sous couvert d'anonymat.

Dès lundi, Banca Intesa s'était dit prêt à soutenir "toute initiative sage et industrielle" d'Enel.

Selon Il Messagero, le projet d'Enel prévoit un financement en trois tranches, les deux premières de 20 milliards d'euros avec un plan de remboursement à cinq et trois ans et la troisième de 10 milliards d'euros remboursable sur 12 mois.

La partie traitements des eaux et déchets de Suez est estimée à au moins quinze milliards d'euros par les analystes et pourrait intéresser plusieurs acheteurs, dont des fonds d'investissement.

De son côté, la partie française fourbit déjà ses arguments contre une OPA hostile, le PDG de Gaz de France, Jean-François Cirelli, jugeant qu'un mariage franco-italien serait "très difficile".

"En France, il est très difficile de marier les cultures différentes de deux entreprises françaises, alors faire des opérations hostiles entre deux pays différents, avec des langues différentes et des cultures différentes...", a déclaré M. Cirelli.

Publié le: 08/03/2006 à 17:54:01 GMT Source : AFP
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