| Un imam expulsé d'Italie candidat aux législatives |
|
RABAT (REUTERS) - Bouriki Bouchta, ancien imam turinois expulsé d'Italie il y a deux ans, briguera vendredi un siège au parlement marocain avec la tolérance pour mot d'ordre. |
Roberto Calderoli, alors ministre des Réformes au sein du gouvernement italien, l'avait qualifié de prédicateur de la terreur, avant d'ordonner son expulsion, mise à exécution le 6 septembre 2005.
Boucher de profession et ancien directeur d'un centre culturel islamique dans la capitale piémontaise, Bouchta y était établi de longue date, comme de nombreux habitants de Khourigba ayant émigré en Italie.
C'est dans cette localité située à 200 km au sud-est de Rabat qu'il se présentera vendredi sous les couleurs du parti islamo-démocrate Al Badil al Hadari (Alternative civilisationnelle).
""Les Italiens m'ont accusé de représenter une menace pour leur sécurité et m'ont expulsé vers le Maroc, où ils s'attendaient à me voir jeté en prison"", a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé mercredi soir à Reuters.
""Les autorités ont contrôlé attentivement mes antécédents et ont jugé que j'étais un bon citoyen avec un passé irréprochable. Elles ont à nouveau vérifié mon passé quand j'ai fait acte de candidature et ont répété qu'il était irréprochable."" ""SOUTENIR LE NOUVEL ETAT"" Pour les observateurs, Bouchta a de bonnes chances d'être élu à Khouribga, où chaque famille compte au moins un proche en Italie. L'ancien boucher reste très populaire au sein de la communauté marocaine d'Italie et nombreux sont ceux qui ont décroché leur téléphone pour inviter leur famille à voter en sa faveur.
""Mon approche de l'islam est fondée sur la justice, la tolérance, la solidarité, le respect et la coopération entre les cultures et les religions"", affirme le candidat.
Le scrutin de vendredi est le second depuis que Mohamed VI a succédé à son père Hassan II, en 1999. Partisan des réformes sociales et politiques, le souverain, âgé de 38 ans, conserve toutefois l'essentiel des pouvoirs.
Porté par un électorat populaire désenchanté, les islamistes modérés du Parti pour la justice et le développement (PJD) font figure de favoris. Le mouvement de Bouchta ne devrait remporter que quelques sièges, tout comme Nahda wal Fadila (Renouveau et vertu), autre formation islamiste.
""Au sein d'Al Badil al Hadari, nous pensons que le nouvel Etat du jeune roi lutte contre l'ancien, laissé par son père. Nous sommes déterminés à soutenir le nouvel Etat"", conclut Bouchta. |
| Publié le: 06/09/2007 à 13:04:34 GMT |
Source : Reuters |
|
|