| Edition spéciale de France Soir sous le titre de "Résistance" |
| PARIS (AFP) - France Soir est paru ce vendredi sous la forme d'une édition spéciale entièrement consacrée à la situation du quotidien, sous le titre "Résistance", et avec une page culture et une page politique totalement blanches. |
Le personnel de France Soir - mobilisé contre le projet de ses nouveaux propriétaires, l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois et le journaliste Olivier Rey, qui prévoit le maintien de 51 des 112 salariés du quotidien pour en faire un tabloïd populaire - explique dans cette édition pourquoi il est en colère.
L'édition rappelle la chronologie "d'un sabotage juridico-financier", présente les dessous du jugement du tribunal de commerce de Lille qualifié de "révoltant" , une double page de "photos que vous ne verrez plus", des messages de soutien d'hommes politiques et de personnalités people ainsi que deux pages blanches avec la mention "ceci est une page culture" et "ceci est une page politique".
Associés à la journaliste Christiane Vulvert au sein de la société VME Patrimoine, MM. Brunois et Rey veulent faire de France Soir un journal populaire axé sur les faits divers, le sport, l'hippisme et l'actualité people. En difficulté financière, le quotidien avait été placé en redressement judiciaire à la fin octobre.
"On va revenir aux fondamentaux de France Soir", a déclaré Olivier Rey. "On a fait un projet cohérent au niveau de la gestion et de la reconstruction du titre", a ajouté l'ancien journaliste de France Soir, entre 1977 et 1979.
"On a mis 700.000 euros pour racheter le titre et on reprend 51 salariés", a-t-il précisé.
Un des représentants du projet présent à l'audience au tribunal de Lille mercredi, Guillaume Boureux, a toutefois ajouté que l'objectif était "d'augmenter les ventes du journal et de réembaucher à terme des journalistes".
Hostiles à ce projet, les salariés de France Soir, placé en redressement judiciaire le 31 octobre 2005, s'étaient immédiatement mis en grève.
"Nous allons essayer d'ouvrir le dialogue avec les salariés qui restent, et essayer d'être intelligents de notre côté. J'espère que l'intelligence sera réciproque", a déclaré M. Rey.
"Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés (les salariés sont 112, selon la lettre ouverte favorable à la solution russe publiée mardi dans le quotidien, ndlr), 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?", a-t-il ajouté.
Les salariés plaidaient en faveur du projet présenté par le groupe de médias russe Moscow News de l'homme d'affaires à quadruple nationalité (française, israélienne, angolaise, canadienne) Arcadi Gaydamak, qui prévoyait de conserver tous les salariés. Moscow News a pris le contrôle pendant la procédure de la société éditrice de France-Soir, Montaigne Press.
"Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution, celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au journal", a déclaré le délégué syndical CGT Christian Gourdet, qui représentait le personnel dans la procédure.
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| Publié le: 14/04/2006 à 06:11:25 GMT |
Source : AFP |
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