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La droite populiste pourrait faire une entrée en force au parlement néerlandais
LA HAYE - Douze millions d'électeurs néerlandais se rendent aux urnes mercredi pour élire leurs députés dans un scrutin qui pourrait ouvrir largement les portes du parlement à la droite populiste.
Le parti du leader assassiné Pim Fortuyn, baptisé "Liste Pim Fortuyn" (LPF), est crédité par un dernier sondage publié lundi après-midi de 28 sièges sur les 150 de la chambre basse ce qui en ferait le deuxième parti des Pays-Bas après les démocrate-chrétiens du CDA.

Dans l'une des plus vieilles démocraties d'Europe, caractérisée par son aptitude au compromis et son refus des extrêmes, l'entrée en force au Parlement d'un parti sorti de nulle part, qui n'existait pas au début de l'année, et qui défend des positions radicales en matière d'immigration, constituerait un véritable séisme politique.


Les Pays-Bas sont gouvernés depuis huit ans par une coalition, dite "coalition pourpre", qui comprend le parti travailliste (PvdA), le parti libéral (VVD) et un petit parti réformateur (D66).

Le dernier sondage réalisé par l'institut NIPO fait du parti travailliste le grand perdant du scrutin. Il tomberait à 25 sièges alors qu'il en disposait jusqu'à présent 45 à la chambre basse.

Le Premier ministre travailliste Wim Kok a indiqué depuis longtemps qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

Le virage à droite prévisible des Pays-Bas devrait bénéficier au parti chrétien démocrate CDA, dirigé par Jan-Pieter Balkenende. Ce parti avait participé à pratiquement toutes les coalitions du XXème siècle avant de faire une cure d'opposition depuis 1994.

Dans le climat atone de la politique néerlandaise, l'ascension fulgurante du parti de Pim Fortuyn a bouleversé la donne politique.

La LPF, formée il y a trois mois pour affronter les élections, a fait de l'arrêt de l'immigration son cheval de bataille avec trois corollaires: la fin du droit d'asile, la fin du regroupement familial et la sortie des accords de Schengen, sur la libre circulation des personnes.

Pim Fortuyn avait résumé son programme en une formule choc: "Les Pays-Bas sont pleins". Son parti a raflé plus d'un tiers des voix à Rotterdam, deuxième ville du pays, lors des élections municipales de mars.

Son assassinat a provoqué un choc émotionnel aux Pays-Bas. Son parti, sans structure, sans cadres expérimentés, sans enracinement géographique, pourrait en bénéficier.

Pim Fortuyn, un professeur de sociologie de 54 ans, haut en couleurs, et qui affichait sans complexe son homosexualité, a été tué de plusieurs balles à la tête, au cou et dans le dos le 6 mai à Hilversum (centre). Un défenseur radical de la cause animale a été mis sous les verrous. Il refuse de parler à la police.

En tout état de cause, la configuration du prochain gouvernement ne sera pas connue mercredi soir et encore moins le nom du futur Premier ministre.

Compte tenu du système électoral -un scrutin proportionnel intégral à un tour qui favorise les petits partis et l'émiettement des voix-, les Pays-Bas sont traditionnellement gouvernés par des coalitions.

A l'issue du scrutin, il appartiendra aux partis de dégager entre eux, sous la tutelle d'un "formateur" désigné par la reine, un programme commun permettant l'émergence d'un gouvernement de coalition. Ce processus peut prendre des semaines, parfois des mois. (Source: AFP)
Publié le: 14/05/2002 à 18:57:51 GMT
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