| Dopage: le budget de l'AMA grevé par l'affaire Landis, des réformes en suspens |
| MONTREAL (AFP) - L'Agence mondiale antidopage (AMA) a dépensé 1,3 million de dollars (environ 840.000 euros) afin de contrer l'appel du cycliste Floyd Landis, une fortune pour une organisation qui peine par ailleurs à se réformer après l'élection mouvementée de son nouveau président John Fahey. |
La discussion du budget est traditionnellement un moment critique du Conseil de fondation de l'AMA, contrainte chaque année de courir après les contributions. Dimanche à Montréal, ses membres ont en outre appris une mauvaise nouvelle avec la facture présentée par le président de la Commission des finances Craig Reedie, six semaines après l'audition en appel de l'Américain Floyd Landis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
"L'AMA ne pouvait pas ne pas s'impliquer sous peine de faire gagner Landis par défaut", a-t-il estimé, précisant que l'Union cycliste internationale (UCI) avait refusé de soutenir financièrement l'AMA.
"Le cas Landis, c'est une exception: 400 pages de témoignages, 6000 pièces justificatives, cinq jours d'audience", a justifié Olivier Niggli, directeur juridique, expliquant que l'Agence, dont le budget 2008 est de 26,5 millions de dollars, en avait dépensé 1,7 million en 18 mois pour contrer les appels de cyclistes convaincus de dopage, alors que le coût moyen d'un contentieux se monte à 10.000 dollars.
Confrontés à de plus en plus de contestations de la part de sportifs sanctionnés, l'AMA va se doter d'un fonds de réserve de 1,5 million de dollars pour financer les procédures. Une somme pour l'Agence dont le prochain budget n'augmentera que de 700.000 dollars.
Les Européens en donneront leur part. Après avoir menacé de revoir leur financement à la baisse après que leur candidat, Jean-François Lamour, n'a pas été élu, et exigé plus de représentants dans les instances dirigeantes de l'AMA, les émissaires du Conseil de l'Europe se sont montrés ce week-end beaucoup moins velléitaires.
Au terme de réunions avec l'exécutif de l'AMA, et avec la bénédiction du conciliant John Fahey, les Européens ont seulement obtenu la création d'un groupe de travail chargé d'examiner l'article 7 relatif à l'élection du président.
C'est à l'Europe, et particulièrement à la France, qu'incombera en outre le prix de la coopération future de l'AMA et d'Interpol, notamment dans la lutte contre les trafics.
Devant la réticence du mouvement sportif (composante de l'AMA à égalité avec les autorités publiques) à mettre la main à la poche, les gouvernements ont accepté le principe de financer l'embauche d'un salarié chargé de faire le lien entre les deux entités.
"Le siège d'Interpol étant basé à Lyon, la France pourrait mettre un fonctionnaire gouvernemental à disposition de l'AMA", a proposé Bernard Laporte, secrétaire d'Etat français aux sports. Une proposition chaleureusement accueillie par les temps qui courent.
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| Publié le: 11/05/2008 à 18:30:48 GMT |
Source : AFP |
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