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Données des passagers aériens: l'Américain Chertoff justifie ses exigences à Bruxelles
BRUXELLES (AFP) - Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Michael Chertoff a justifié lundi devant les eurodéputés les exigences américaines sur les données privées des passagers aériens venant d'Europe, en jugeant le coût pour les libertés publiques "minimal".
"On ne collecte pas ces informations pour constituer une grande base de données. Nous les comparons à des listes de terroristes et de suspects de manière à identifier parmi les millions de passagers ceux qu'il faut surveiller particulièrement", a-t-il affirmé.

C'est un "coût minimal pour les libertés publiques", a-t-il assuré aux membres de la commission des Libertés du Parlement européen, qui avaient ces derniers mois critiqué au nom de la protection de la vie privée l'accord conclu en octobre dernier avec l'UE.


Cet accord, qui visait déjà à remplacer un premier texte annulé par la Cour européenne de justice, a facilité l'accès à 34 données fournies par les passagers aux compagnies aériennes au moment de l'achat de leur billet pour les Etats-Unis.

Celles-ci vont de l'adresse du voyageur à son numéro de téléphone ou de sa carte de crédit, en passant par l'itinéraire de son voyage.

Ces données sont collectées par le Bureau américain des douanes et de la protection des frontières, mais le département américain de la Sécurité intérieure peut les diffuser sous certaines conditions vers les agences américaines chargées de la lutte antiterroriste, comme le FBI.

Dans le cadre de la renégociation de cet accord qui expire fin juillet, les Américains ont présenté de nouvelles exigences aux Européens. Ils voudraient notamment pouvoir garder ces données plus longtemps, potentiellement jusqu'à 40 ans au lieu de 3 ans et demi à présent et lever les restrictions à leur utilisation.

"Nous devons pouvoir les utiliser dans un temps suffisant car un complot terroriste se développe sur plusieurs années", a estimé M. Chertoff.

"Un des problèmes des attentats du 11 septembre (2001), c'est que nous avions des informations que nous n'avons pas partagées. C'est pourquoi nous insistons beaucoup pour avoir un partage des informations collectées entre agences responsables", a-t-il ajouté, en restant en revanche évasif sur les données supplémentaires réclamées par Washington.

M. Chertoff n'a été que modérément contesté par les eurodéputés, habituellement critiques à l'égard de la politique américaine, et qui ont simplement mis en doute les résultats obtenus grâce à des données.

"Est-ce que toutes ces mesures rendent le monde plus sûr? J'aimerais avoir des résultats consistants dans la lutte contre le terrorisme", s'est interrogée la libérale-démocrate néerlandaise Sophia In't Veld.

M. Chertoff a répondu en citant plusieurs exemples.

"En juin 2003, un de nos inspecteurs a refoulé un individu à l'aéroport de Chicago sur la base d'une analyse à partir de ces données. Deux ans plus tard, nous avons retrouvé ses empreintes digitales sur le volant d'un camion utilisé au cours d'un attaque kamikaze en Irak", a-t-il rapporté.

"Si nous avions eu un tel système au moment du 11 septembre, deux terroristes auraient été identifiés lors de l'achat du ticket d'avion", et l'analyse de leurs données (numéro de téléphone, adresse...) aurait pu permettre d'en identifier plusieurs autres, a-t-il assuré.

Publié le: 14/05/2007 à 17:24:54 GMT Source : AFP
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