| Le dissident Akbar Ganji compte rester en Iran malgré le risque de prison |
| MOSCOU (AFP) - Le journaliste dissident iranien Akbar Ganji, qui vient de recevoir à Moscou la Plume d'or de la liberté, a déclaré mardi qu'il ne comptait pas quitter l'Iran et qu'il continuerait à critiquer le régime des ayatollahs malgré le risque de "retourner en prison". |
S'exprimant pour la première fois en public depuis sa libération en mars après six ans de prison, il a répondu "oui, je retournerai en Iran" à un journaliste qui lui demandait s'il allait rentrer dans son pays ou s'exiler, lors du Forum mondial des rédacteurs en chef (World Editors Forum) à Moscou.
"J'essaierai d'exprimer mon point de vue critique comme je l'ai fait par le passé", a-t-il ajouté sans plus de précisions.
Arrivé vendredi à Moscou, Akbar Ganji avait obtenu un passeport des autorités iraniennes, mais l'incertitude a demeuré jusqu'au bout sur sa venue dans la capitale russe.
Interrogé à ce sujet, le dissident a estimé que le prix décerné par l'Association mondiale des journaux (AMJ) en présence de quelque 1.700 patrons de presse et rédacteurs en chef du monde entier avait forcément joué en sa faveur.
"Dans cette situation sensible, les autorités (iraniennes) ont été mises sous pression et m'ont laissé partir", a dit M. Ganji qui s'exprimait en farsi et dont les propos étaient traduits en anglais.
Après Moscou, le journaliste doit se rendre en Italie, puis en France avant de retourner en Iran.
"Quand je rentrerai en Iran, je pourrais bien être remis en prison", a-t-il affirmé, estimant qu'il s'agissait du "prix à payer pour la démocratie et les droits de l'Homme".
Tout en se disant opposé au régime iranien actuel, M. Ganji a tenu à préciser que "l'Iran n'est pas un régime fasciste et totalitaire comme l'était celui de Staline".
"On peut encore y entendre des défenseurs de la liberté", a-t-il ajouté en rappelant l'existence de journaux réformateurs et de sites internet critiques.
Interrogé à plusieurs reprises sur la crise nucléaire iranienne et les craintes des Occidentaux que Téhéran ne développe l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, Akbar Ganji s'est prononcé pour "l'éradication de toutes les armes nucléaires de la planète".
Et à un journaliste qui le pressait de choisir entre la position des Etats-Unis et celle de l'Iran, il a indiqué vouloir "l'établissement de la démocratie en Iran", mais estimé qu'elle "ne peut pas être imposée de l'extérieur".
"C'est à nous de lutter pour que notre pays soit démocratique", a-t-il dit, en espérant que le scénario irakien ne se produirait pas en Iran.
Enfant de la Révolution islamique avant de devenir tardivement critique à l'égard du régime, M. Ganji a été arrêté en avril 2000 lorsqu'il travaillait au quotidien Sob-e Emrouz, puis condamné l'année suivante, après des articles mettant en cause plusieurs dignitaires dans une série de meurtres d'intellectuels et d'écrivains.
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| Publié le: 06/06/2006 à 16:28:14 GMT |
Source : AFP |
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