| Deutsche Telekom: résultats records sur fond de suppressions d'emplois |
| BONN (AFP) - Deutsche Telekom n'a pas déçu ses actionnaires, en annonçant jeudi des résultats records pour 2005 et le plus haut dividende de son histoire, mais son éclatante santé financière rend encore plus difficile à avaler la pilule de ses 32.000 suppressions d'emplois. |
D'où un exercice périlleux pour le patron du groupe, Kai-Uwe Ricke, conscient du paradoxe et partagé jeudi entre triomphalisme et volonté de rester crédible, entre le discours adressé aux marchés financiers et celui destiné à ses salariés et à l'opinion publique.
"Nous distribuons le plus haut dividende de notre histoire parce que nous sommes dans la meilleure situation financière que nous ayons jamais connue", se félicitait-il, après l'annonce d'un dividende de 0,72 euro par action au titre de 2005, en hausse de 16%, et d'un bénéfice net presque multiplié par quatre à 5,6 milliards d’euros.
"Je suis tout à fait conscient qu'un dividende élevé et les suppressions de personnel soient difficiles à concilier pour beaucoup", a néanmoins admis M. Ricke. Pour lui, les résultats records enregistrés par Deutsche Telekom et les suppressions d'emplois sont "deux paires de chaussures différentes".
Et d'insister sur les défis rencontrés par le groupe, la férocité de la concurrence sur ses marchés, l'urgence d'investir et de réduire les coûts pour rester dans la course. Le groupe va investir quelque 10 milliards d’euros cette année, et souffrir d'une baisse de son excédent brut d’exploitation.
La société, numéro un européen des télécommunications, a annoncé à l'automne la suppression de 32.000 emplois d'ici 2008, principalement dans ses activités de téléphonie fixe, son coeur de métier historique en perte de vitesse. Il n'est en cela pas un cas isolé en Europe. L'espagnol Telefonica, le suédois Telia Sonera, le néerlandais KPN sont tous en pleine cure d'amaigrissement.
France Telecom, le dernier en date, a annoncé le mois dernier 17.000 départs dans les trois années à venir.
Deutsche Telekom est en négociations avec le syndicat de la fonction publique ver.di sur les modalités des départs, dont 11.000 concernent des fonctionnaires. Les discussions, infructueuses pour le moment, doivent reprendre vendredi.
A moyen terme, le bilan des départs risque de s'alourdir, a prévenu le patron de l'ex-monopole lors de la conférence de presse bilan du groupe à Bonn. "La pression sur la téléphonie fixe va continuer", a indiqué M. Ricke, "et personne aujourd’hui ne peut exclure d'autres suppressions d'emplois".
Dans la téléphonie fixe, le groupe est effectivement mal en point. Cette activité, qui regroupe téléphonie fixe classique et accès à internet, représente toujours 44% du chiffre d’affaires de Deutsche Telekom. Mais le chiffre d’affaires y a reculé de 3,6% en 2005, et l’excédent brut d’exploitation de 7,8%, dans un marché très concurrentiel, et où le groupe, opérateur historique en Allemagne, se bat pour conserver des parts de marché.
Les résultats du groupe ont été encore en 2005 tirés par la téléphonie mobile, véritable vache à lait, surtout aux Etats-Unis. Deutsche Telekom a pourtant subi un revers dans ce domaine, et été obligé de passer au quatrième trimestre une charge pour dépréciation de 1,9 milliard d’euros de sa filiale britannique T-Mobile UK.
Le troisième pilier de l’activité du groupe, les services informatiques chez T-Systems, a enregistré pour sa part une légère baisse de chiffre d’affaires, et une chute de 14% de l’Ebitda.
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| Publié le: 02/03/2006 à 11:34:01 GMT |
Source : AFP |
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