| Le Design au quotidien à la Biennale internationale de Saint-Etienne |
| SAINT-ETIENNE (AFP) - La Biennale Internationale Design de Saint-Etienne, qui fête ses dix ans d'existence, témoigne à travers ses multiples expositions allant du mobilier à l'urne funéraire, en passant par l'écologie, de l'omniprésence du design dans notre vie quotidienne. |
Jusqu'au 30 novembre, quelque 220.000 visiteurs sont attendus sur le site de l'ancienne Manufacture d'armes à feu, une friche industrielle de 15.000 m2 où sont réunis quelque 800 exposants venus d'un cinquantaine de pays.
Déconcertante de prime abord dans une galerie consacrée au Design, l'exposition principale "City Eco Lab" de John Thackara plonge le visiteur dans le monde du végétal: des plantations d'herbes aromatiques et de légumes dans du compost domestique (gazon et feuilles broyées) offrent une illustration de la transition vers un monde durable pour la sauvegarde de la planète.
Autre projet où le "design croise l'écologie": la "ferme suspendue" de Hugo Bonte, qui s'inspire des "exploitations aquaponiques" mexicaines et australiennes, permettant de produire des poissons et de cultiver des végétaux sans terre et sans engrais dans les zones péri-urbaines. Les excréments de poisson nourrissent la plante, qui purifie l'eau en retour.
"Cette exposition est une réflexion sur nos besoins quotidiens et ces créations écologiques sont des réponses des designers à nos problématiques environnementales", explique Christophe Imbert, directeur de la communication à la Cité du Design.
"Ce sont aussi des invitations pour inciter les designers à s'emparer d'un sujet comme la mobilité durable", assure-t-il évoquant le "vélo-cargo", en service depuis 2003 aux Pays-Bas pour les livraisons en ville et dont une adaptation est exploitée par une jeune entreprise stéphanoise.
Dixième anniversaire oblige: la Biennale rend hommage à des designers désormais incontournables.
Les objets lumineux en altuglass créés en 1999 par les frères Bouroullec, voisinent à côté du fauteuil à trous de Hans Coray (1938), revisité en 2000 par Adam et Harborth, qui avec leur +sit-kit+ - des patches de couleurs bouchant les trous -, ont remédié à son inconfort.
Autre clin d'oeil à un objet culte: "Juicy Salif", le célèbre presse-citrons de Philippe Starck (1990) est exposé dans une version plus fonctionnelle grâce à une collerette permettant de retenir la pulpe et les pépins.
Plus loin, des designers européens repensent notre quotidien: ainsi onze Estoniens présentent des équipements pour chambre d'hôtel, allant du panneau insonorisant en feutre de lin à la "porte intelligente" qui identifie le client et s'ouvre automatiquement.
Dans la gamme d'objets pour colocataires, la cuvette de toilettes équipées de cinq abattants de couleurs différentes "ironise sur l'idée de propreté", selon son concepteur.
"Cloning", un collectif de designers français, a trouvé une réponse humoristique pour donner aux intérieurs l'empreinte de celui qui y vit: lampes en verre de Murano en forme de globe oculaire réalisé à partir de la pupille de son propriétaire, chaises portant l'empreinte de son assise ou encore miroir dessinés aux contours de son portrait.
Même dans la mort, le design nous poursuit : à la demande d'un artiste verrier, Matteo Gonet, onze designers ont conçu des urnes funéraires en verre soufflé ou pâte de verre.
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| Publié le: 21/11/2008 à 15:05:07 GMT |
Source : AFP |
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