L'UE demande la libération des prisonniers marocains à Tindouf
Une action claire et conséquente que l'UE vient de prendre devant la Commission des droits de l'Homme de Genève.
L'Union par la voix du délégué de l'Espagne (pays assurant actuellement la présidence tournante du bloc européen) a appelé lundi sans ambiguïté l'Algérie à libérer les prisonniers marocains détenus dans les camps de Tindouf.
Dans une intervention consacrée aux violations des droits de l'Homme dans le monde, le représentant européen a déclaré: "L'Union (européenne) appelle (l'Algérie) à une libération immédiate de tous les prisonniers de guerre et appelle tous les concernés à appuyer les efforts internationaux déployés dans ce sens" (de la libération des prisonniers en question).
Des ONG marocaines dont certaines relevant des provinces du sud du Royaume ont multiplié leurs interventions auprès des gouvernements et membres de la Commission de Genève en vue de poser le problème des séquestrés et prisonniers marocains dans les camps de Lahmada en Algérie.
Outre les personnes et familles originaires du Sahara retenues dans les camps des séparatistes contre leur gré, le polisario emprisonne plus de 1362 Marocains enlevés lors d'agressions armées dans le territoire du Sahara marocain. La détention de ces prisonniers remonte à plus de 20 ans pour la plupart. Leurs conditions de détention sont par ailleurs particulièrement mauvaises. Le Conseil de sécurité de l'ONU avait lancé le même appel lors de ses dernières délibérations à New York à propos du conflit du Sahara marocain.
Le représentant du Maroc avait alors mis l'accent sur cette question importante relevant du droit humanitaire international. Le Royaume avait d'ailleurs adressé depuis une dizaine de jours une lettre au gouvernement suisse pour le saisir officiellement de ce problème en sa qualité de dépositaire des conventions de Genève. Le Maroc demandait alors à l'Etat suisse d'inviter l'Algérie en tant que pays signataire de ces conventions à respecter ses engagements et procéder à la libération urgente des prisonniers marocains détenus sur son sol. La lettre marocaine a été d'ailleurs distribuée à l'ensemble des Etats parties de conventions de Genève.
Le délégué espagnol qui a posé le problème devant la Commission des droits de l'Homme de Genève lundi s'exprimait au nom des Etats membres de l'UE ainsi que des Etats de l'Europe centrale et de l'Est, de Chypre et de Malte.
Pour les observateurs marocains, cette initiative européenne constitue un pas positif pour permettre à l'opinion publique internationale de saisir certains volets graves des violations des droits de l'Homme commis par les séparatistes et l'Algérie à l'égard des prisonniers et des populations originaires du Sahara marocain. (Source: Libération)