| Crash A310: la France accusée de discrimination par les Comoriens |
| PARIS (AFP) - Depuis la catastrophe du vol Yemenia qui a fait 152 morts, la France est mise en accusation par le gouvernement de Moroni et la communauté comorienne immigrée, qui crie sa douleur, son sentiment d'injustice et de discrimination. |
Quelque 130.000 Comoriens ou Franco-Comoriens vivent en France, dont quelque 80.000 à Marseille, soit davantage que dans la capitale comorienne, Moroni.
Depuis le crash de l'Airbus A310 de la compagnie yéménite Yemenia mardi, la communauté comorienne de France manifeste sa colère contre les "vols-poubelle" à destination de l'archipel de l'Océan Indien, reprochant à la France d'avoir négligé sa sécurité.
Ils ont bloqué à Paris et à Marseille l'enregistrement de vols de Yemenia à destination de Moroni, la poussant jeudi à suspendre ses liaisons au départ de Marseille.
L'imam de la communauté comorienne de la cité phocéenne, Mohamed Danouni, est lui-même intervenu pour lancer un appel au calme lors de la grande prière du vendredi, appelant à "ne pas crier, ne pas insulter, (à) patienter puisque ce n'est qu'une fatalité". Un peu plus tard, il a participé à une cérémonie inter-religieuse à la mémoire des victimes.
Paris a reconnu vendredi que, contrairement à ce que le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau avait indiqué mardi, l'A310 qui avait décollé de Sanaa n'avait pas formellement été exclu du territoire français, précisant toutefois qu'il n'y était pas revenu depuis 2007.
"Quelle est cette discrimination entre les Français qui doivent être protégés et les Français qu'on laisse voler dans ce genre d'avion?", s'était agacé le vice-président des Comores Idi Nadhoim, reprochant à Paris de ne pas avoir informé Moroni de l'état de l'appareil.
Les passagers du vol, dont 66 Français, n'étaient montés dans cet appareil qu'à Sanaa, pour la seconde partie de leur trajet vers Djibouti et Moroni. Pour la première partie du voyage, ils avaient embarqué dans un Airbus A330 répondant aux normes européennes.
Ces vols de la Yemenia sont empruntés par des familles comoriennes qui rentrent dans leur pays pour les vacances. L'association "SOS voyage aux Comores" a dénoncé les conditions déplorables de vols entre Sanaa et Moroni, assurés selon elle par "des compagnies poubelles".
La CGT et la Confédération des travailleurs comoriens (CTC) ont réclamé ensemble, vendredi, "la mise en oeuvre rapide d'une desserte pour les Comores, à prix abordable, assurée de bout en bout par les personnels et les moyens de la compagnie Air France".
La communauté comorienne est aussi blessée par ce qu'elle perçoit comme une inégalité de traitement entre les familles des victimes du vol Rio-Paris, accidenté le 1er juin, et celles du vol Yemenia.
"Je suis en colère", crie Bacar Soilihi, Français d'origine comorienne et collaborateur d'un député socialiste de la région parisienne, Daniel Goldberg. "Plusieurs fois, nous avons demandé des rendez-vous à des responsables français. Ils ne nous ont jamais répondu et aujourd'hui ils viennent nous dire qu'ils connaissaient les problèmes. C'est révoltant", dit-il à l'AFP.
"Nous considérons que l'effort de la France est important" et qu'il "est très semblable à celui pour la disparition du vol Rio-Paris", a répondu vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier.
Comme pour le Rio-Paris, une ambassadrice a été nommée vendredi par Nicolas Sarkozy pour assister les familles.
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| Publié le: 04/07/2009 à 08:44:07 GMT |
Source : AFP |
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