| La coopérative éolienne, un placement qui a le vent en poupe au Royaume-Uni |
|
LONDRES (AFP) - Rendement annuel autour de 10% et risques limités, la coopérative éolienne, dispositif apparu au Royaume-Uni en 1997, séduit de plus en plus d'investisseurs soucieux d'environnement et de sécurité énergétique tout en leur assurant un placement sûr. |
"Ce n'est pas simplement un problème de réchauffement climatique, il est aussi question de sécurité énergétique. Nous dépassons les capacités de notre planète à fournir nos besoins en énergie", a déclaré à l'AFP Clive Burke, membre de la ferme d'éoliennes coopérative Westmill, près de Swindon (sud-est de l'Angleterre).
Clive Burke, ingénieur à la centrale électrique voisine, fait partie des 2.500 personnes qui ont investi entre 250 et 20.000 livres (maximum légal) dans Westmill, première ferme d'éoliennes britannique détenue à 100% par des particuliers et qui a commencé sa production en mars dernier.
"Depuis le lancement, nous avons produit tous les jours", confie fièrement Adam Twine, agriculteur à l'origine du projet il y a 15 ans qui a mis à disposition une crète de colline en bordure d'un champ de lin pour planter cinq éoliennes de 49 mètres de hauteur.
Le projet a coûté 8 millions de livres, dont 4,6 millions provenant des actionnaires. Les émissions de CO2, depuis la fabrication des éoliennes jusqu'à leur recyclage dans 25 ans, seront compensées en seulement six mois.
Les turbines, pilotées depuis l'Allemagne, produisent de quoi alimenter 2.500 foyers via le réseau national car aucun bâtiment n'est raccordé à la ferme. C'est la vente de cette électricité qui génère les dividendes.
Au début, le rendement annuel moyen des coopératives se situait autour de 6% mais la récente flambée du prix de l'énergie l'a fait grimper autour de 10% (12,5% à Westmill). Et c'est une moyenne annuelle (hors avantages fiscaux) sur 25 ans.
"Et ce n'est pas terminé", s'est réjoui M. Burke, soulignant que cela allégeait également le "fardeau" du contribuable en évitant au gouvernement de construire des éoliennes.
Une opinion partagée par Nick Medic, de l'association BWEA consacrée aux énergies renouvelables: "Les projets financés par les communautés jouent un rôle important car ils soulagent le gouvernement, offrent un rendement supérieur aux comptes d'épargne et donnent un sens d'appartenance au niveau local".
Car l'une des règles des coopératives est de favoriser les investisseurs locaux. A Westmill, plus de 50% vivent dans un périmètre de 30 km.
"Ce n'est pas une grande société qui est venue planter des éoliennes chez nous et qui empoche les bénéfices. Elle nous appartient", a appuyé Clive Burke.
Selon Nick Medic, les sociétés privées cherchent de plus en plus à intégrer les communautés locales.
Falck renewables, filiale du groupe italien Falck, vient d'offrir une participation dans plusieurs champs d'éoliennes en Ecosse via des coopératives. L'une d'elles a levé cinq fois plus que son objectif.
Pour l'heure, le Royaume-Uni compte sept coopératives rassemblant 5.500 membres.
En 2007, 5% de l'énergie consommée au Royaume-Uni --qui dispose des meilleures ressources éoliennes en Europe-- provenait de sources renouvelables. Les dirigeants européens, réunis depuis jeudi à Bruxelles notamment sur ce sujet, s'étaient engagés en mars 2007 à porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation d'ici 2020.
En 2007, l'éolien a contribué à hauteur de 2% (8 GW), devançant pour la première fois l'hydraulique. Le Royaume-Uni est également devenu le n°1 européen en production offshore, devant le Danemark.
Selon le BWEA, l'éolien pourrait produire plus de 30 GW d'ici 2020. Les fermes en cours de développement représentent un potentiel supplémentaire d'environ 20 GW. De quoi alimenter 11 millions de foyers.
|
| Publié le: 12/12/2008 à 10:47:51 GMT |
Source : AFP |
|
|