| Convention du tiers payant : le bras de fer se poursuit entre assureurs et cliniques privées |
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Le bras de fer, entre les assurances et les cliniques privées, représentées par l’Association nationale des cliniques privées (ANPC) se poursuit au grand dam des adhérents. Par adhérents, il faudrait comprendre entreprises et employés. |
Cette crise, qui est née d’un désaccord entre la Fédération des assurances qui exige un respect strict des normes et des prix publics en matière des soins s’est vu opposer une fin de non-recevoir de la part des patrons des cliniques, attachés plus que jamais au système des forfaits, est appelée à se poursuivre dans les semaines qui viennent, tant que les deux parties campent de manière quasi-pragmatique sur leur position.
Une chose est sûre, les adhérents doivent opter soit pour les hôpitaux publics soit pour les polycliniques en attendant une solution durable à ce faux vrai problème. Mais force est de reconnaître que le poids des cliniques est directement lié à la renommée de certains professeurs qui refusent d’opérer en dehors de certaines cliniques qu’aux conditions de traitement des cliniques en soi.
Autrement dit, si les médecins traitants décident d’offrir leurs services au sein des hôpitaux et des polycliniques de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), il se peut que les patrons des cliniques acceptent de se soumettre aux dispositions légales en vigueur.
Reste que les réactions des uns et des autres dénotent d’un grand mépris à l’égard des pauvres malades.
Car, les deux parties auraient pu ouvrir les négociations sur la question tout en maintenant l’ancien régime et éviter aux pauvres fonctionnaires d’insurmontables problèmes de paiement.
On peut se demander si on ne s’achemine pas vers une anarchie dans le secteur des assurances et des cliniques privées, plus connu par «la convention de tiers payant» ?
En effet, tout laissait croire que les négociations qui ont débuté la semaine dernière entre les deux parties allaient déboucher sur un accord qui reconduirait la fameuse convention de tiers payant permettant à un malade d’être pris en charge par son assurance auprès d’une clinique après avoir effectué certaines formalités et obtenu la fameuse lettre de «prise en charge». Mais, il n’en fut rien. Les deux parties se sont séparées sans parvenir à un accord. Chacune est restée sur ses positions même si des concessions ont été faites de part et d’autre.
Il est vrai que certaines cliniques sont réputées par ce que les assureurs appellent «la surfacturation». Plusieurs malades ont crié au scandale quand ils se sont rendus compte qu’ils ont été désabusés par l’établissement où ils sont hospitalisés bien qu’un devis ait été établi et envoyé à la compagnie d’assurances.
De leur côté, les compagnies d’assurances cherchent le moindre prétexte pour rejeter le remboursement des factures. Certains adhérents ont même dénoncé ces pratiques par voie de presse sans que les conseils spécialisés ne prennent les sanctions qui s’imposent surtout que le malade détient tous les justificatifs nécessaires. Mais, de là à ce que les compagnies d’assurances et les cliniques privées bloquent tout le système, il y va de quoi s’alarmer et même s’inquiéter.
Pourtant, l’Association nationale des cliniques privées (ANCP) et la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurances (FMSAR) ont bien tenté de trouver un terrain d’entente d’autant plus qu’elles y trouveront toutes les deux leurs comptes.
Couvrant près d’un million d’assurés, la FMSAR tente par tous les moyens de limiter la valeur de l’acte médical à un certain seuil acceptable. Elle a, ainsi, accepté de faire passer cet acte médical de 9 à 30 DH au moment où les cliniques tentent, de leur côté, par tous les moyens de faire accepter ce même acte, dans un premier temps à 50 DH, avant de réduire leurs prétentions à 35 DH. Par contre, pour l’acte pharmaceutique, les cliniques privées auraient déjà donné leur accord pour une réduction de 20 à 15 DH. Aussi, elles attendent, par conséquent, une contrepartie ou une compensation de la part des sociétés d’assurances.
Cela étant, si les ponts ne sont pas encore coupés, il est temps que les pouvoirs publics puissent intervenir pour jouer les arbitres d’autant plus que les vrais perdants dans cette «rupture actuelle» sont les malades qui ne peuvent pas, eux, attendre que les deux parties trouvent le compromis.
De ce fait, rien ne doit, en principe, empêcher que des cliniques puissent signer des «conventions provisoires» avec certaines compagnies d’assurances pour le bien des assurés et des malades et ce, malgré la mise en garde qu’aurait adressée l’Association des cliniques privées à tous ses adhérents pour éviter une telle pratique qui serait illégale. Une fois qu’un accord unifié est trouvé au niveau national, les conventions bilatérales déjà signées seraient considérées comme nulles et non avenues. D’où l’intérêt de l’intervention des autorités qui joueraient le rôle de «régulateur» pour éviter, d’un côté, le blocage préjudiciable aux malades, et de l’autre, l’anarchie.
Le Matin |
| Publié le: 18/06/2003 à 09:02:03 GMT |
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