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Une compagnie arabe, pomme de discorde politique, renonce à gérer les ports
Le terminal de Brooklyn dans le port de New York, le 16 février 2006 (© AFP/Archives - Stan Honda)
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WASHINGTON (AFP) - Une compagnie arabe au coeur d'une querelle politique dangereuse pour George W. Bush a annoncé jeudi renoncer à assumer elle-même les opérations dans six grands ports américains, une perpective qui a provoqué une fronde sans précédent dans les rangs de la majorité républicaine.
Dubaï Ports World a décidé de laisser une "entité américaine" opérer dans les terminaux portuaires, selon un communiqué de son directeur général Edward Bilkey, lu au Sénat américain par le parlementaire républicain John Warner.

Cette décision inattendue, annoncée sans plus de détails, paraît destinée à apaiser une controverse opposant, comme aucune autre auparavant, la majorité républicaine et l'administration Bush. Mais on ignorait dans un premier temps si elle calmerait les esprits.


Ce rebondissement est survenu peu avant que le Sénat ne procède à un vote contre la décision de l'administration d'autoriser la compagnie émiratie à reprendre à sa concurrente britannique P&0 la maîtrise des opérations dans six grands ports des Etats-Unis.

Les parlementaires ne font pas confiance à une compagnie contrôlée par le gouvernement d'un émirat dont étaient originaires deux des auteurs des attentats du 11-Septembre et qui leur a servi de base arrière.

Mercredi, la majorité républicaine à la Chambre des représentants a ouvertement défié M. Bush en mêlant ses voix à celles de l'opposition démocrate contre la transaction. A l'écrasante majorité de 62 voix contre deux, une commission budgétaire a voté une disposition "interdisant" l'acquisition des opérations de P&O par DP World.

Dans la matinée, le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan a affirmé que M. Bush restait prêt à prendre le risque d'une grave crise en opposant son veto si le Congrès légiférait pour faire avorter la transaction. Ce serait la première fois en cinq ans.

"La position du président reste la même", a-t-il dit.

Dans l'après-midi cependant, M. McClellan s'est employé à atténuer la menace, redisant que M. Bush n'avait pas changé d'avis, mais insistant sur la priorité de l'administration.

"Ce sur quoi nous mettons l'accent, c'est sur le moyen de travailler ensemble (avec le Congrès) pour avancer. Alors suggérer que nous sommes là à tracer des lignes rouges ou à lancer des menaces de veto, c'est extraire les choses de leur contexte", a-t-il dit.

M. Bush a rencontré jeudi les chefs de la majorité des deux chambres (Chambre des représentants et Sénat), au cours de réunions de travail ordinaires, selon M. McClellan.

En fait, les chefs républicains lui auraient signifié que la transaction avec DP World était morte.

Les parlementaires ne sont pas seulement inquiets de la sécurité des Etats-Unis. Ils le sont aussi de l'issue des élections législatives de novembre. Les démocrates se sont emparés de l'affaire pour l'exploiter contre l'un des points traditionnellement forts de leurs adversaires.


Or, de récents sondages ont montré que l'opinion était très majoritairement hostile à DP World. Ils ont aussi montré que la controverse avait contribué à réduire la confiance dans l'aptitude de M. Bush à assurer la sécurité du pays, y compris chez les électeurs républicains.

M. McClellan a assuré que le Parti républicain était "uni".

La querelle est compliquée par les intérêts stratégiques en jeu. M. Bush n'a cessé de souligner que les Emirats Arabes Unis étaient les alliés des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme.

Dans son communiqué, DP World précise que l'émir de Dubaï, cheikh Mohammad ben Rached Al-Maktoum, était intervenu auprès des dirigeants de la compagnie pour faire valoir que, "dans l'intérêt des Emirats arabes unis et des Etats-Unis", le transfert à une "entité américaine" était la démarche "qu'il fallait engager".

Publié le: 09/03/2006 à 22:39:15 GMT Source : AFP
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