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Les communautés d'affaires marocaine et française affichent clairement leurs ambitions d'avenir
MARRAKECH (MAP) - Les communautés d'affaires marocaine et française, stimulées par l'élan de la visite officielle du président Nicolas Sarkozy dans le Royaume, ont affiché, mercredi à Marrakech, clairement leurs ambitions d'avenir, en s'engageant solennellement à approfondir encore plus leurs partenariats et en tirant profit de la synergie existant entre les deux parties.
La Rencontre économique Maroc-France, tenue dans le sillage de la visite de M. Sarkozy, était en fait un cadre opportun pour les patronats des deux pays (CGEM et le MEDEF) et au Groupe d'impulsion économique conjoint de lancer un débat franc sur les perspectives d'une relation que tout le monde considère exemplaire, mais qui a besoin d'être repensée à la lumière des mutations en cours aussi bien dans le Royaume que dans l'Hexagone.

Le moment fort de cette réunion a été l'allocution improvisée du président Sarkozy, en présence de plusieurs membres des gouvernements respectifs et d'un parterre de personnalités convaincues de la nécessité de franchir un nouveau palier dans les relations bilatérales.


Le chef de l'Etat français a mis l'accent, dans son intervention, sur l'importance des relations maroco-françaises, sur leur histoire commune, leur présent et leur avenir prometteur. ""Nous avons confiance dans le Maroc"", a indiqué M. Sarkozy, ajoutant que la France veut ""un Maroc stable, de développement, démocratique et pluriel"".

""Investir au Maroc c'est d'abord faire confiance au Royaume du Maroc pour se développer"", a insisté le chef de l'Etat, soulignant que la France ""n'a pas le choix"" et doit soutenir le développement du Royaume.

Au cours des débats ayant précédé l'intervention de M. Sarkozy, le président de la CGEM, Moulay Hafid Elalamy, et la présidente du MEDEF, Mme Laurence Parisot, ont brossé tous deux un tableau radieux de l'état des liens économiques, tout en mettant l'accent sur la nécessité de prospecter de nouvelles pistes susceptibles de satisfaire les ambitions partagées et de concrétiser les bonnes intentions exprimées de part et d'autre.

Assistant à cette Rencontre, les deux co-présidents du Groupe d'impulsion économique Maroc-France, MM. Mustapha Bakkoury et Jean-René Fourtou, ont joint leur voix à celles de tous les intervenants ayant appelé au lancement d'une réflexion profonde sur les moyens à même d'insuffler une nouvelle dynamique à la coopération et aux échanges entre les opérateurs des deux pays, particulièrement à la lumière de la concurrence de plus en plus rude sur le marché marocain avec les investisseurs d'autres pays partenaires du Royaume.

""Le fait que nous soyons venus si nombreux autour du président de la République qui a choisi de faire du Maroc sa première grande visite d'Etat prouve bien l'importance que nous accordons, d'abord et avant tout, à l'amitié franco-marocaine, mais aussi à la profondeur des liens économiques qui unissent le Maroc et la France, les hommes et les femmes d'affaires des deux pays"", a souligné, à cette occasion, la ministre française de l'Economie et des Finances, Mme Christine Lagarde.

""Quand on sait que 38 sur les 40 entreprises du CAC sont représentées ou ont investi au Maroc à travers des filiales ou des succursales, on mesure évidemment l'importance qui est consacrée à votre beau pays"", a-t-elle encore dit, estimant que ""la clé de voûte de nos relations repose sur la complémentarité de nos économies"", à l'image du projet de construction d'une unité Renault-Nissan dans la zone franche de Tanger.

Selon elle, cela ""illustre bien ce partage des tâches : nous apportons les investissements et de la technologie, vous apportez une main d'£uvre qualifiée et des débouchés immédiats pour les produits qui sont fabriqués sur votre sol"".

""Je crois pour nos entreprises, en particulier pour celles d'entre elles qui ont fait le pas de délocaliser ou qui sont prêtes à le faire, il vaut mieux délocaliser au Maroc que de délocaliser en Chine"", a lancé, à deux reprises, Mme Lagarde qui a invité ses compatriotes à ""améliorer leur univers mental à l'égard du phénomène de la délocalisation"".

Les investissements français au Maroc ""permettent à nos entreprises d'être plus compétitives, de créer de la valeur et de l'emploi, de participer au développement d'un pays frère"", a-t-elle poursuivi, appelant à s'inspirer de l'exemple des Etats-Unis, du Canada et du Mexique qui ont créé l'ALENA et aboli un certain nombre de frontières ""entre territoires complémentaires qui peuvent se soutenir les uns les autres"".

Quant au ministre marocain de l'Economie et des Finances, M. Salaheddine Mezouar, il a noté qu'à la suite de la visite du président Sarkozy qui ""marque incontestablement un moment fort dans les relations déjà exemplaires"" entre les deux pays, ""chacun de nous aura constaté et apprécié que désormais, nous avons changé de niveau d'ambition et de palier"".

Et d'expliquer : ""Nous parlons désormais de TGV, de nucléaire civil, de dessalement de l'eau de mer, d'environnement, de sites majeurs de construction automobile, de la logistique en relation avec le futur grand port de la Méditerranée, de nouveaux métiers, de transfert de la technologie et de savoir-faire"".

Au plan intérieur, le ministre a assuré que le nouveau gouvernement marocain ""va poursuivre l'oeuvre de construction du Maroc moderne, dans la continuité et en conformité avec la philosophie et la démarche qui a sous-tendu l'action du gouvernement sortant"".

""Les chantiers structurants vont être poursuivis et accélérés, les stratégies sectorielles renforcées, les équilibres maintenus, l'inflation maîtrisée, l'ambition régionale renforcée et le rythme de croissance soutenu"", a-t-il fait savoir, ajoutant que dans cette vision de développement, ""la région est appelée à jouer un rôle désormais important, futur pôle de compétitivité dans une optique de développement régional intégré"" où ""d'importants projets structurants verront le jour"".

Plusieurs hommes d'affaires ont pris, par la suite, la parole pour relater le succès de leurs entreprises respectives au Maroc et saisir les responsables marocains et français présents sur certaines difficultés qu'ils rencontrent lors de leurs investissements dans les deux pays.

Tout en se réjouissant des nombreux atouts que recèle le Royaume, notamment en termes des facilités et incitations accordées par le gouvernement aux investisseurs, d'infrastructures et d'une importante main d'oeuvre, plusieurs opérateurs ont particulièrement mis en relief les problèmes auxquels ils font face en matière de fiscalité, de procédures administratives et de formation des ressources humaines, entre autres.

Publié le: 24/10/2007 à 14:24:35 GMT Source : MAP
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