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Colombie-Venezuela: à la frontière, la guerre n'est du goût de personne
Des cyclistes sur le pont qui relie le Vénézuéla et la Colombie à Cucuta, le 10 novembre 2009.</HeadLine></NewsLines><AdministrativeMetadata><Provider><Party FormalName="AFP"/></Provider><Creator><Party FormalName="Eitan Abramovich"/></Creator></Administr
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SAN ANTONIO (Venezuela) (AFP) - "Ces irresponsables vont nous mener à la guerre", peste Jose Rozo, président des commerçants de San Antonio, ville sous tension à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, où les querelles entre Bogota et Caracas épuisent marchands et même trafiquants.
"Les échanges se sont effondrés", se lamente Tiby, une commerçante de San Antonio de Tachira au Venezuela, l'une des principales villes de la longue frontière de 2.000 km séparant les deux pays.

Tiby, qui souhaite garder l'anonymat, assure que ses recettes ont été divisées par dix en quelques mois, faute d'acheteurs colombiens.


Elle paye cher les fermetures intempestives de la frontière, fréquentes depuis que les relations diplomatiques avec Bogota ont été gelées fin juillet par Caracas, en réponse à la conclusion par la Colombie et les Etats-Unis d'un accord de coopération militaire renforcée.

Côté colombien aussi, le commerce s'est effondré, en raison des restrictions imposées aux importations en provenance de ce pays.

Selon le Trésor colombien, les exportations vers le Venezuela, deuxième partenaire de la Colombie après les Etats-Unis, ont chuté de 71,1% au mois d'octobre par rapport au même mois de l'année 2008 (185 millions de dollars, contre 640 un an plus tôt).

Même le commerce illégal - contrebande d'essence vénézuélienne vers la Colombie, trafic de produits de première nécessité vers le Venezuela -- souffre, le président vénézuélien Hugo Chavez ayant décidé d'en finir avec la contrebande.

Les trafiquants, encore nombreux le long de la frontière, disent avoir peur pour leur vie.

"C'est très chaud. La garde nationale (vénézuélienne) a l'ordre de tirer sur nous", assure, craintif l'un d'entre eux en traversant le fleuve Tachira qui sépare les deux pays, avant d'affirmer que cinq de ses "collègues" ont été blessés par balle une semaine plus tôt.

L'atmosphère est tendue: depuis la fin du mois d'octobre, les incidents se sont multipliés à la frontière. Huit Colombiens, un Péruvien et un Vénézuélien enlevés au Venezuela ont été retrouvés morts, avant d'être présentés par les autorités comme des membres de groupes paramilitaires colombiens alliés aux passeurs.

Quelques jours plus tard, deux membres de la garde nationale vénézuélienne ont été tués par balle.

Dimanche, Hugo Chavez a appelé son armée à se "préparer à la guerre", après avoir annoncé le déploiement de 15.000 soldats dans les régions frontalières.

"Si nous restons passifs, complaisants et tolérants ces irresponsables vont nous conduire à la guerre", déplore Jose Rozo, président de la chambre de commerce de San Antonio. "Ils ont prêts à faire la guerre et nous la paix", assure-t-il en appelant les commerçants des deux bords à s'allier.

Chavez veut "faire oublier comment nous vivons: sans eau, sans électricité et sans nourriture suffisante", assure un jeune vénézuélien qui refuse d'être identifié.

Gerardo, chauffeur de taxi colombien, n'a pas une meilleure opinion du président colombien Alvaro Uribe, assurant que "tant qu'il ne s'en ira pas, les choses ne pourront pas s'améliorer".

Publié le: 11/11/2009 à 18:02:25 GMT Source : AFP
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