| Colombie: troubles à Bogota et dans le sud après la ruine de milliers d'épargnants |
| BOGOTA (AFP) - Des centaines d'épargnants ruinés par la fermeture administrative d'une société pratiquant l'épargne pyramidale ont affronté jeudi la police à Bogota, et manifesté dans le sud du pays, accusant l'Etat de voler leurs économies. |
Des centaines de clients de la société DMG, dont la fermeture a été ordonnée lundi, se sont rassemblés jeudi matin à proximité du grand stade de Bogota, El Campin, où les autorités avaient mis en place un centre d'accueil destiné à enregistrer leurs plaintes.
Mais ces épargnants, méfiants, ont rapidement commencé à manifester leur mécontentement face au manque d'information et ont bloqué pendant plusieurs heures l'une des principales avenues de Bogota avant d'être dispersés par la police anti-émeutes, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Nous n'accepterons pas de perdre notre argent. S'il le faut, nous prendrons les armes", a déclaré à l'AFP Jose-Maria, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille et a expliqué avoir investi dix millions de pesos dans DMG (environ 3.400 euros).
"Cette société (DMG, ndlr), était bien. Le gouvernement (qui a saisi tous les avoirs de DMG, ndlr) doit me rendre mon argent", a déclaré pour sa part Blanca Rodriguez, qui a investi 30 millions de pesos (10.350 euros).
De 500.000 Colombiens à deux millions selon les estimations, ont investi dans ces sociétés d'épargne pyramidale, dont la fermeture en chaîne depuis une dizaine de jours a causé la ruine de beaucoup d'entre eux et fait craindre une crise de la consommation, en plein ralentissement de l'économie lié à la crise financière mondiale.
L'épargne pyramidale consiste à verser les intérêts promis, jusqu'à 150% dans le cas de DMG, avec l'argent de nouveaux épargnants et débouche la plupart du temps sur la faillite des sociétés qui la pratiquent.
DMG, créé en 2003 et qui avait notamment mis en place un système de cartes prépayées permettant d'acheter toute sorte de biens dans ses magasins en obtenant des remboursements partiels ou intégraux en quelques mois, se défend d'avoir eu recours à ce type d'épargne.
Mais les autorités la soupçonnent de blanchir l'argent du narcotrafic et de groupes armés et ont saisi lundi tous ses biens, mais aussi demandé l'extradition de son principal dirigeant, David Murcia Guzman, interpellé mercredi soir au Panama et transféré jeudi en Colombie.
Pendant ce temps, dans la province de Putumayo (sud), des milliers de personnes ont décidé spontanément de faire grève dans plusieurs villes ou de manifester contre la décision de fermeture de DMG.
A Mocoa, une de ces villes, "quelque 20.000 personnes, soit la moitié de la population, sont descendues dans la rue pour exiger que le gouvernement revienne en arrière, estimant que DMG ne les avait jamais trahi", a déclaré à l'AFP Ricardo Paredes, un membre de la préfecture.
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| Publié le: 20/11/2008 à 23:01:22 GMT |
Source : AFP |
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