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Le collège des Bernardins sort de l'oubli pour devenir un lieu de dialogue
Vue extérieure du Collège des Bernardins à Paris, le 1er septembre 2008 (© AFP - Patrick Kovarik)
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PARIS (AFP) - Après sept siècles et demi d'oubli, le collège des Bernardins, bâtiment gothique édifié en 1247, rouvre ses portes vendredi à Paris, sous l'impulsion du diocèse de la capitale, avec un projet ambitieux: devenir un lieu de dialogue "où la culture est au service de l'homme".
Après cinq ans de travaux de restauration menés à l'initiative du cardinal Lustiger, le collège des Bernardins, situé rue de Poissy (Vème arrondissement), est fin prêt pour es journées "portes ouvertes" - les 5, 6 et 7 - et sa première manifestation officielle, la visite du pape Benoît XVI. C'est en effet dans ce haut lieu de l'histoire médiévale que le pape s'adressera, au premier jour de sa visite en France, le 12 septembre, au monde de la culture.

Jeudi, la ministre de la Culture Christine Albanel, le cardinal André Vingt-Trois et le maire de Paris Bertrand Delanoë et le président du conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon (tous deux PS) ont salué la vocation d'"ouverture" de l'Eglise sur le monde à travers le Collège des Bernardins.

A l'origine de la renaissance de cet ancien édifice cistercien, explique le service de communication du Collège des Bernardins, il y a la conviction du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, qu'"au tournant du millénaire, il faut ménager des lieux de dialogue pour accueillir la réflexion sur l'homme et son avenir".

Le collège se veut donc un lieu dédié à la fois à l'art (expositions, musique, cinéma), aux débats (colloques, conférences), à la formation (Ecole cathédrale fondée par le cardinal Lustiger) et à la recherche.

Edifié par un moine d'origine anglaise, Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux, sur le modèle des abbayes cisterciennes, le collège des Bernardins a contribué, pendant plus de quatre siècles, au rayonnement intellectuel de la ville et de l'université de Paris.

A la Révolution française, il est vendu comme bien national. Successivement prison pour galériens puis entrepôt, il devient, au milieu du XIXème siècle, une caserne de pompiers puis un internat pour l'Ecole de police.

Acheté en 2001 à la Ville de Paris dans un état très dégradé pour 1,9 million d'euros, le collège a fait l'objet d'une restauration menée conjointement par Hervé Baptiste, architecte en chef des Monuments Historiques, et par Jean-Michel Wilmotte pour la partie contemporaine.

L'architecture de ce bâtiment du Paris médiéval est restituée dans toute sa splendeur: ceint de douves tapissées de lierre, l'édifice offre à la vue sa façade de pierre blanche percée de grandes fenêtres en ogive, surmontée d'un toit pentu de tuiles aux couleurs changeantes. L'ensemble architectural, sur trois étages, comprend en outre une sacristie du XIVème siècle, vestige d'une église détruite, et un petit jardin, facilement accessible de la rue.

A l'intérieur, et au premier niveau, une immense nef dont les fines colonnes s'élèvent à 6 mètres, servira d'espace d'accueil et de lieu d'expositions. Au sous-sol, le cellier, autrefois enfoncé dans les terrains meubles de la Bièvre toute proche, a été déblayé. Sa surface sera dévolue à des salles de cours ou de réunion ainsi que les étages supérieurs.

Les combles, dont la structure médiévale avait été détruite au XIXe, ont été restitués en forme de V inversé et abriteront un auditorium de 250 places.


Partout le bois, dans diverses tonalités, et l'acier ponctuent l'aménagement contemporain, très sobre, de Jean-Michel Wilmotte.

Le coût global de l'opération représente 50,8 millions d'euros, financés à hauteur de 30% par des subventions publiques (Etat, Région, Ville de Paris), à 35% par le diocèse et à 35% par le mécénat.

L'entrée, à partir du 15 septembre, sera libre tous les jours et l'accès aux expositions gratuit. Enseignement et recherche ne seront soumis à aucune condition confessionnelle ou philosophique.

Publié le: 05/09/2008 à 09:08:58 GMT Source : AFP
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