| Climat: vers un partenariat Afrique-UE d'ici Copenhague |
| ALGER (AFP) - L'Afrique et l'Union européenne rêvent de s'unir à 53 pays plus 27 pour arriver groupées, en un front uni, à la négociation décisive de Copenhague en décembre 2009 sur le changement climatique. |
Le continent africain, réuni depuis mercredi à Alger (43 pays dont une trentaine de ministres), vient de se doter d'une déclaration commune sur le climat, mettant notamment en avant ses besoins de financement, la reconnaissance du phénomène de migrants climatiques et l'importance des forêts africaines dont celles du bassin du Congo dans la lutte contre l'effet de serre.
Jeudi, le ministre algérien de l'Environnement Chérif Rahmani, qui préside le groupe Afrique dans la négociation climatique, a espéré la conclusion d'un "pôle de négociation uni" avec l'UE.
"Les ministres sont décidés à élargir l'alliance africaine à l'UE: elle pourrait être mise sur la table à Poznan", lors de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, du 1er au 12 décembre en Pologne, a déclaré M. Rahmani.
"Il s'agit de lancer un partenariat gagnant-gagnant dans lequel chacun doit apporter et recevoir et partager les risques", a-t-il souligné. "L'Afrique a décidé de prendre ses responsabilités. La politique de la chaise vide, c'est fini".
M. Rahmani a cependant insisté sur le fait qu'un tel partenariat serait signé "dans le cadre de la maison commune africaine, l'UA et dans le cadre du G77 et de la Chine", le groupe des pays en développement à laquelle appartiennent les pays africains.
L'Algérie avait invité plusieurs représentants européens dont la France, qui préside actuellement l'UE, et la République Tchèque, qui lui succèdera en janvier, à s'associer jeudi à la réunion africaine.
Le ministre français du développement durable Jean-louis Borloo a annoncé qu'il avait, avec son homologue tchèque Jan Duzik, "reçu mandat le 20 octobre de l'UE pour discuter d'une vision commune avec l'Afrique vers Copenhague".
En décembre 2009, la communauté internationale doit avoir finalisé le nouvel accord climatique qui prendra la relève du Protocole de Kyoto dont les premiers engagements expirent fin 2012.
L'Afrique demande qu'y figure en bonne place la prise en compte les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, qui comptent pour 20% des émissions mondiales. Elle envisage également la possibilité d'un procotole additionnel "de type Kyoto" sur l'adaptation, afin d'aider le continent à faire face aux dérèglements climatiques, a indiqué un expert du ministère algérien, Hadj-Sadok Tahar.
Le continent "n'est responsable que de 7,5% des émissions globales, et même 4% pour l'Afrique sub-saharienne", a rappelé le représentant de la Banque Mondiale, Hocine Chalal. Mais elle est exposée aux effets les plus brutaux du réchauffement (sécheresse, inondations, déplacements massifs de population...).
Seulement 24% de sa population a accès à l'électricité (2% en zone rurale): pour assurer une production et distribution à tous, selon M. Chalal, il lui faudrait "23,8 milliards de dollars par an pendant dix à vingt ans".
L'idée d'un partenariat intercontinental est en gestation depuis la dernière conférence climat de Bali, en décembre 2007, a rappelé M. Borloo, qui a fait valoir les atouts de l'Afrique, "le continent qui a le plus grand potentiel énergétique du monde en renouvelables", soleil, vent, eaux marines et grands fleuves.
Les termes d'une déclaration commune sont encore en discussion, notamment jusqu'à lundi à Addis Abeba où se tient la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et de l'Union africaine.
Le ministre tchèque, Jan Duzik, a déjà annoncé la tenue, le 16 février à Nairobi, d'un conseil informel des ministres de l'environnement européens et africains.
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| Publié le: 20/11/2008 à 15:46:15 GMT |
Source : AFP |
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