| Climat: l'Union européenne entre dans une période de perturbations |
| BRUXELLES (AFP) - Les négociations sur le plan européen de lutte contre le changement climatique s'annoncent difficiles pour les dirigeants européens face à des eurodéputés sourds aux alarmes de l'industrie et intransigeants sur le principe de faire payer les pollueurs. |
La crise financière et les annonces de fermetures d'usines automobiles en Allemagne sont restées sans effet: les élus de la commission Environnement ont approuvés mardi, par 44 voix contre 20 et une abstention, une position de négociation très ferme, infligeant un revers à l'industrie, furieuse de devoir payer pour ses émissions polluantes.
"J'ai un mandat très clair" pour ces négociations, s'est félicitée l'une des négociatrices du Parlement européen, la conservatrice irlandaise Avril Doyle, à l'issue de l'approbation de son rapport.
"Si on veut un accord pour la fin de l'année, il faudra faire des compromis", a-t-elle lancé aux Etats membres.
Catastrophée, l'industrie a renouvelé ses menaces de délocalisation et s'en remet aux dirigeants européens. "Nous espérons que l'Europe va décider de conserver une base industrielle forte", a ainsi déclaré dans un communiqué le secrétaire général d'Eurometaux, Guy Thiran.
"La patate chaude est désormais entre les mains des ministres de l'Environnement", ont commenté les écologistes de Greenpeace et du WWF, convaincus que l'Allemagne et la France veulent affaiblir le dispositif.
Car les eurodéputés ont avalisé mardi toutes les actions préconisées par la Commission européenne, à la grande satisfaction du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.
Mais cela s'est fait au prix de l'implosion du PPE, le groupe des partis conservateurs de l'Assemblée, favorable à la gratuité des allocations de quotas d'émissions de CO2 à l'industrie.
Sur les 23 membres du PPE, 15 --Allemands, Français et Polonais-- ont voté contre le rapport de leur collègue Avril Doyle, 7 --Britanniques et Néerlandais-- l'ont approuvé et 1 --un élu allemand-- s'est abstenu.
L'eurodéputé allemand (CDU), Karl-Heinz Florenz, n'a pas caché son mécontentement. "L'Europe va s'imposer une lourde charge alors que l'industrie aux Etats-Unis et en Chine va bénéficier d'un régime allégé et cela va nous coûter des emplois", a-t-il prédit.
La partie n'est toutefois pas encore jouée au Parlement européen et les 785 élus vont être soumis à de fortes pressions d'ici au vote final en plénière prévu en décembre.
L'une des mesures clés du plan est la mise aux enchères dès 2013 des permis d'émissions de CO2 --droits à polluer-- actuellement accordés gratuitement aux industries lourdes telles centrales à charbon, cimenteries, sidérurgie et chimie.
Elle devrait rapporter 44 milliards d'euros par an aux budgets des pays européens, mais va poser de gros problèmes à des pays comme la Pologne, dont 95% de l'électricité est produite par des centrales à charbon, très polluantes.
Plus de 10.000 installations dans les secteurs énergétique et industriel bénéficient actuellement de quotas gratuits. Elles sont collectivement responsables de près de la moitié des émissions de CO2 et de 40% de celles de tous les gaz à effet de serre de l'UE.
Les eurodéputés ont par ailleurs réclamé des pénalités si les Etats ne respectent pas leurs objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre dans les secteurs des transports, du chauffage urbain et de l'agriculture. L'amende préconisée est de 100 euros par tonne de CO2 de dépassement.
Ce plan d'action est censé permettre à l'UE de réduire en 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 20%.
Pour ajouter un peu plus de pression sur les Etats, les députés européens ont demandé que l'UE porte "automatiquement" son effort de réduction à 30% si un accord international est trouvé lors de la réunion sur le climat prévue à Copenhague en décembre 2009.
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| Publié le: 07/10/2008 à 17:12:45 GMT |
Source : AFP |
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