| Climat: la crise menace le plan de lutte européen |
| BRUXELLES (AFP) - La crise financière et le ralentissement de l'économie menacent le plan de lutte européen contre le réchauffement du climat, car nombre de dirigeants refusent désormais de fragiliser leurs industries pour une ambition non partagée par le reste de la planète. |
"Les Allemands sont en train de lâcher et les Italiens sont prêts à suivre", s'alarme un négociateur européen sous couvert de l'anonymat.
Président en exercice de l'UE, le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy va demander à ses homologues de s'engager lors du prochain sommet européen, mercredi et jeudi à Bruxelles, à "préserver l'équilibre et les paramètres fondamentaux" du plan, selon un avant-projet des conclusions dont l'AFP a obtenu une copie.
Il veut que tous les pays européens confirment l'accord donné aux objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'effort imposé à leurs industriels.
"C'est pas certain que ce soit accepté", a reconnu un diplomate français.
Ce sentiment est partagé à la Commission européenne. "Je ne crois pas qu'il y aura des conclusions très ambitieuses sur ce point", a confié un de ses hauts responsables.
"Les gouvernements sont sur la défensive, ils sont moins favorables à l'agenda et ont découvert beaucoup de difficultés", a-t-il souligné.
Le président de la Commission José Manuel Barroso compte donc les mettre dos au mur en leur demandant de "dire s'ils estiment que les objectifs ne sont plus justifiés et dans ce cas d'assumer leurs responsabilités" face à l'opinion, selon cette source.
Les trois institutions européennes --Etats, Commission et Parlement européen-- sont engagés dans de difficiles négociations sur ce plan d'action et cherchent un accord pour la fin de l'année. "Si les Etats membres ne sont plus disposés à faire les efforts demandés, autant arrêter", a commenté un négociateur européen.
L'UE veut se poser en modèle pour le reste du monde avec l'ambition affichée de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport à leur niveau de 1990.
Une petite partie de l'effort a été accompli avec une réduction de 6% des émissions constatée en 2005.
L'industrie lourde --sidérurgie, centrales électriques au charbon, chimie, pétrochimie, ciment, papier, verre-- qui contribue pour 40% du CO2 émis chaque année par l'UE va devoir fournir un double effort: diminuer ses émissions de 21% par rapport à leurs niveaux de 2005, et, surtout, payer à compter de 2013 pour chaque tonne de CO2 émise.
L'industrie refuse cette taxe, jugée pénalisante face à des concurrents installés en Inde, en Chine, aux Etats Unis ou en Russie qui n'ont pas ces contraintes.
Elle a subi un revers mardi au Parlement européen, qui a rejeté toutes les demandes d'assouplissements introduites par les élus de la CDU, le parti de Mme Merkel.
Les patrons ne désarment pas. "Les entreprises du secteur manufacturier considérées comme les plus exposées à la concurrence internationale devraient bénéficier de 100% de quotas d'émission gratuits jusqu'à la conclusion d'un accord international", a réclamé jeudi leur association, Business Europe.
La revendication est soutenue par les dirigeants allemands et polonais, chefs de files d'un groupe de pays qui cherchent à constituer une minorité de blocage.
La présidence française propose un compromis: 100% de quotas d'émissions gratuits mais pour une liste plus restreinte d'entreprises sélectionnées.
"Le contexte actuel exacerbe les préoccupations. Nous devons répondre sans remettre en question les objectifs et les grands équilibres du plan", plaide le ministre aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet.
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| Publié le: 10/10/2008 à 12:22:40 GMT |
Source : AFP |
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