| Climat: l'Allemagne arrache un accord a minima et sans contrainte |
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HEILIGENDAMM (AFP) - Le sommet du G8, pour lequel la présidence allemande attendait beaucoup, a accouché jeudi d'un accord sans contrainte sur le climat, reconnaissant la nécessité de réduire "substantiellement" les émissions polluantes débridées responsables du réchauffement. |
Bien que très isolés face aux Européens, au Japon et au Canada, les Etats-Unis sont parvenus à bloquer tout objectif chiffré et mesurables dans le temps de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
Un proche conseiller de la Maison blanche, Steve Hadley, a d'ailleurs salué "une très bonne journée" et "un document de consensus pour aller de l'avant", justifiant l'absence d'objectifs chiffrés par le fait que "tous les acteurs clés ne sont pas là".
Les huit pays les plus développés de la planète, qui émettent à eux seuls plus de 40% des émissions mondiales, ont reconnu dans un communiqué publié à Heiligendamm que "les émissions doivent cesser d'augmenter et ensuite être réduites de façon substantielle", prenant acte des conclusions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), comme le souhaitait la présidence allemande des travaux.
La "réduction substantielle" envisagée n'est cependant pas datée dans le temps ni par rapport à une période spécifiée.
Angela Merkel, qui misait sur un engagement du G8 à réduire de 50% les émissions mondiales d'ici 205O pour contenir le réchauffement au maximum à deux degrés supplémentaires a évoqué "un grand succès", bien qu'elle n'ait obtenu qu'un engagement des Huit "à considérer sérieusemeent" cette proposition.
"De nombreux pays ont évolué", a-t-elle estimé.
Cet accord a minima se profilait depuis l'arrivée dans la station balnéaire d'Heiligendamm des délégations présidentielles : d'entrée de jeu, l'administration américaine avait exclu tout engagement chiffré de sa part, ce qu'a regretté jeudi soir le président français Nicolas Sarkozy.
"J'ai tenu à ce qu'il y ait un chiffre, c'est celui de 2050. J'aurais préféré que ce soit un objectif impératif, mais regardons d'où nous partons", a-t-il dit en faisant valoir, qu'il y avait eu, "malgré tout, des avancées significatives".
Le soulagement était en revanche palpable côté européen concernant le rôle confirmé de l'Onu : le G8, Etats-Unis compris, s'engage à poursuivre ses efforts dès la fin de l'année sous l'égide des Nations unies - "le forum approprié" - pour définir un futur "régime international" de lutte contre le réchauffement, au-delà du protocole de Kyoto qui expire en 2012.
Il s'en remet "en particulier" à la conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra en décembre à Bali.
Yvo de Boer, patron du climat à l'Onu, a confié que c'est "tout ce (qu'il) espérait" et que le texte ainsi "lève toute menace" d'un forum de négociation parallèle emmené par les Etats-Unis.
"Ce qui a été obtenu est très bon", a également jugé Claude Mandil, directeur de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). "Ce qui a été abandonné (les objectifs européens) n'est pas au détriment de l'ensemble" a-t-il ajouté en évoquant un "pas important".
"Ce qui compte, c'est qu'ils soient tous d'accord pour préparer la conférence de Bali", a estimé le directeur du programme Climat au WWF, Hans Verolme, en accord avec Greenpeace, même si pour de nombreuses ONG, le sommet a manqué à ses "responsabilités historiques".
"Les Etats-Unis n'ont pas bougé, mais l'essentiel est que les propositions aient été mises sur la table, avec calendrier et objectifs. Le cadre est prêt pour le prochain G8", l'an prochain au Japon, a enfin remarqué Phil Clapp, directeur du National Environment Trust, basé à Washington.
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| Publié le: 07/06/2007 à 19:55:35 GMT |
Source : AFP |
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