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Un classique du ballet soviétique sur la Révolution française au Bolchoï
Façade du théâtre du Bolchoï à Moscou, le 31 mars 2000 (© AFP/Archives - Eric Feferberg)
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MOSCOU (AFP) - La lame de la guillotine s'abat avec un bruit sourd, la foule danse frénétiquement et avance, menaçante, tandis qu'un jeune paysan pleure sa bien-aimée décapitée, fille du marquis : le Bolchoï reprend dès jeudi un ballet soviétique sur la Révolution française dans une version expurgée de ses connotations idéologiques.
Intitulé "La Flamme de Paris", mis en scène pour la première fois en 1932, lauréat quinze ans plus tard du prix Staline, du nom du dictateur soviétique qui l'appréciait tout particulièrement, il est aussi célèbre pour son final : une marche impressionnante dont les participants visent le parterre avec des armes hétéroclites.

Pourtant, si ce ballet glorifiait à l'origine la Révolution et le peuple insurgé, cette nouvelle version, remaniée de fond en comble, est aujourd'hui le reflet de sentiments ambivalents sur le sujet traité.


Le livret, inspiré du roman de Félix Gras "Les Rouges du Midi", ne narre ainsi plus "l'histoire du peuple révolutionnaire renversant les aristocrates, mais le drame amoureux de gens pris dans le tourbillon des événements historiques", explique Alexeï Ratmanski, directeur artistique du ballet du Bolchoï et auteur de ce nouveau spectacle de danse.

Le décor, qui doit beaucoup aux gravures du XVIIIe siècle, est empreint d'une nostalgie de la vieille culture que "la Flamme de Paris" dévore à la fin.

Ilia Outkine, architecte connu et décorateur du ballet, conteste à cet égard "la caricature de Paris et de la France faite par le spectacle de 1932".

Les 300 costumes historiques transforment les 140 artistes - toute la troupe du Bolchoï - en paysans, insurgés, aristocrates, jouant sur le contraste entre le style précieux des courtisans et la simplicité classique de la République.

Alexeï Ratmanski voulait reprendre "La Flamme de Paris", retirée de la scène après 1964, mais il a dû la réinventer.

De l'ouvrage cyclopéen de Vassili Vaïnonen, il ne restait que quelques fragments filmés, un pas de deux et la danse basque.

"Cette époque est révolue, tant sur la scène que dans les esprits, et pourtant elle était très fructueuse pour la danse", regrette Alexeï Ratmanski qui veut que le Bolchoï revienne à ce qui avait fait "son style unique - héroïque, viril, dramatique".

Malgré toutes les transformations subies par le livret, le spectacle ne perd rien de son dynamisme. Les danses du peuple révolutionnaire sont si enflammées que l'assaut du château de Versailles et le grand incendie final semblent leur suite logique.

Et le drame des jeunes vies broyées par la révolution se mêle au triomphe des insurgés.

Publié le: 03/07/2008 à 09:54:56 GMT Source : AFP
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