| La chute du prix du pétrole menace la lutte contre le réchauffement climatique |
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VIENNE (AFP) - La crise économique et la dégringolade des prix du brut menacent de retarder les investissements massifs nécessaires pour lutter contre le changement climatique et promouvoir un meilleur usage de l'énergie, et en particulier la capture et le stockage de carbone (CCS). |
"Si les prix vont trop bas, ils vont affecter ceux qui veulent des investissements compétitifs dans les économies d'énergie et les énergies alternatives", a indiqué Monica Bargem Stubhom, ministre déléguée de l'Energie en Norvège.
"Les prix du pétrole doivent être suffisamment élevés pour encourager l'investissement dans les technologies freinant l'emission de dioxyde de carbone. Les prix bas sont les pires ennemis des énergies alternatives", a, lui aussi, averti Paolo Scaroni, président de la compagnie pétrolière italienne Eni, lors d'un séminaire organisé à Vienne par l'Organisation internationale des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Alors que l'économie mondiale est confrontée à la crise la plus grave depuis les années 1930, les prix du pétrole se sont effondrés, passant de près de 150 dollars le baril à 32,40 dollars en l'espace de quelques mois.
Or, une politique environnementale contraignante "pourrait coûter aux pays du Golfe 20% de leur produit intérieur brut (PIB)", s'est inquiété Mohammed Al-Sabban, responsable de la délégation saoudienne auprès du comité sur le changement climatique des Nations unies.
En ces temps de crise économique, "il sera plus difficile de mobiliser des investissements", a déclaré à l'AFP, Olivier Appert, directeur de l'Institut français du pétrole tout en notant l'aspect positif de la dimension environnementale des plans de relance américains, européens et chinois.
Les investissements requis pour une utilisation plus propre et plus efficace de l'énergie se chiffrent à 9.000 milliards de dollars sur la période 2008-2030, soit 0,6% du PIB mondial par an en moyenne, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Parmi les solutions envisagées pour lutter contre le réchauffement climatique, la capture et le stockage de carbone (CCS) apparaît comme des solutions d'avenir. Cette technique consiste à capturer le dioxyde de carbone (CO2), à le comprimer et l'injecter sous terre, par exemple dans des gisements pétroliers épuisés. Pour l'industrie, elle permettrait de réduire l'émission de gaz à effet de serre accompagnant la combustion d'énergies fossiles.
Le comité chargé du climat à l'Onu l'a identifié comme "l'une des technologies les plus prometteuse pour réduire rapidement les émissions de CO2", selon son directeur Yvo de Boer.
"L'Opep peut devenir leader dans la CCS. Ses pays membres ont l'avantage de posséder déjà les ressources géologiques, l'expertise industrielle et, dans de nombreux cas, l'infrastructure appropriée", selon le ministre de l'Energie britannique, Mike O'Brien.
Mais la viabilité économique de ces projets n'est pas assurée.
"La CCS est encore chère", et "elle exige des financement pour combler l'écart de coût entre une production d'énergie avec et sans CCS", a rappelé Yvo de Boer.
Selon les calculs de M. Appert, le coût de stockage d'une tonne de carbone tourne autour de 100 dollars, alors que sur le marché des émissions la tonne est valorisée à quelque 20 dollars.
"Le CCS n'est pas la panacée (...) et il faudra convaincre les populations locales que cela ne pose pas de problèmes", a-t-il aussi objecté.
Sans surprise, les producteurs de l'Opep se sont dits hostiles aux énergies renouvelables, vues comme des concurrentes aux énergies fossiles qui devraient, elles, continuer à fournir 80% de l'énergie mondiale.
"Nous courons franchement au désastre si ces ressources complémentaires ne répondent pas aux attentes", selon le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi.
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| Publié le: 19/03/2009 à 15:33:43 GMT |
Source : AFP |
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