| La Chine veut une nouvelle loi sur le contrôle des médias cette année |
| PEKIN (AFP) - La Chine devrait adopter cette année une nouvelle loi visant à renforcer son contrôle de la couverture par les médias, nationaux et étrangers, des épidémies, accidents industriels, manifestations ou catastrophes naturelles, a annoncé lundi le gouvernement. |
Cette loi, déjà évoquée par les médias officiels, fait partie d'un projet de loi sur les situations de crise examiné actuellement par l'Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement).
L'article concernant les médias prévoit des amendes comprises entre 50.000 à 100.000 yuans (de 6.250 à 12.500 dollars) pour les médias qui "donneraient de fausses informations" sur des situations d'urgence, "ayant de graves conséquences", a indiqué lors d'un point presse Wang Yongqing, vice-ministre du bureau des affaires législatives du Conseil d'Etat (gouvernement).
Il n'a pas précisé quelles pouvaient être ces "graves conséquences", mais a affirmé que "certains journalistes envoyaient de fausses informations ou même inventaient".
Les situations d'urgence incluent les catastrophes naturelles, accidents, problèmes de santé publique, mais aussi les incidents liés à la sécurité publique, manifestations ou émeutes.
"Les médias chinois sont très préoccupés" par ce projet, a affirmé, après la conférence de presse du Conseil d'Etat, un journaliste qui a requis l'anonymat.
"Il faut savoir ce que le gouvernement considère comme étant la vérité, et qui détermine ce qu'est la vérité. Parfois, celle-ci met des années à se manifester", a-t-il ajouté.
La loi dispose par exemple que seul le gouvernement peut annoncer une épizootie importante.
Les autorités chinoises ont été critiquées par la communauté internationale pour avoir caché pendant des mois en 2003 le début de l'épidémie de sras (syndrome respiratoire aigu sévère), pneumonie atypique qui avait fait 774 morts dans le monde en 2003-2004.
L'affaire avait été publiquement révélée par un médecin militaire qui avait parlé à la presse étrangère.
En critiquant le projet de loi comme étant une nouvelle censure, l'organisation Reporters sans Frontières note sur son site internet que "des vies auraient sans aucun doute été sauvées si les médias avaient été libres" pendant la crise du sras.
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| Publié le: 03/07/2006 à 11:43:30 GMT |
Source : AFP |
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