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Charles Matton, peintre et cinéaste à la recherche de "l'apparence du monde"
Sculpture de Charles Matton exposée en octobre 2000 à la FIAC à Paris que visite Jacques Chirac (© AFP/Archives - Michel Euler)
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PARIS (AFP) - Le peintre, sculpteur et cinéaste Charles Matton, décédé mercredi soir à l'âge de 77 ans d'un cancer du poumon, était un "fabricant d'images" comme il se qualifiait lui-même, à la recherche, par tous les moyens artistiques, de "l'apparence du monde".
Charles Matton, né en 1931 à Paris où il travaillait, en dehors de quelques incursions à New-York, a mené un parcours aux multiples facettes, utilisant en même temps la peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo, la photographie, l'écriture ou le cinéma pour "décrypter les apparences", selon ses proches.

"L'apparence du monde est toujours un mystère. Au fond, je ne m'intéresse qu'à l'ici-bas", disait-il lui-même.


Autodidacte du dessin, il peint en se rangeant du côté de la figuration à un moment où cela ne se fait plus. Il peint de grandes toiles de sport, des "grandes motocyclettes". Il s'attaquera ensuite à ce qu'il appelle des "boîtes", réductions de lieux en trois dimensions comme le cabinet de Freud ou l'atelier du peintre Bacon, qu'il avait rencontré et dont il se sentait proche par la peinture. L'une de ces "boîtes" est visible au café de Flore à Paris, qu'elle reproduit.

Exposé à de nombreuses reprises en France, comme au Centre Pompidou en 1989, à Tokyo en 1990 et encore ces dernières années aux Etats-Unis, à la FIAC ou la Maison européenne de la photographie à Paris, l'artiste figure dans les collections nationales.

Conseiller de François Truffaut sur le tournage de "La mariée était en noir", il réalise les toiles du peintre joué par Charles Denner. Il signera également des décors de théâtre dont ceux de la pièce "L'homme du hasard" de Yasmina Reza en 1995 au Théâtre Hébertot.

Il dira être venu au cinéma parce que le "terrorisme antifiguratif régnait si fort dans la critique (qu'il) n'avait plus aucune chance de pouvoir faire une exposition".

Après un court-métrage en 1967, "La Pomme", il s'attaque au long-métrage avec "L'Italien des Roses" qui fit connaître l'acteur Richard Bohringer. Ce film en noir et blanc sur la désillusion des années post-68, sera sélectionné au festival de Venise.

Il signe "Spermula" (1975), nom donné par la production alors que le titre original était "L'amour est un fleuve en Russie", au scénario érotico-fantastique. "La Lumière des Etoiles Mortes" (1993), avec Catherine Sihol, Richard Bohringer et Jean-François Balmer, explore son enfance. "Rembrandt" (1999), joué par Klaus Maria Brandauer, reçoit un Grand Prix du meilleur scénario.


Ami d'enfance de Gérard Blain, collectionné par le couple Montand-Signoret, Charles Matton et son travail ont été préfacés et analysés par ses amis, le philosophe Jean Baudrillard ou l'écrivaine Françoise Sagan.

Ayant travaillé pour les éditions Christian Bourgois et le magazine new-yorkais Esquire, il était lui-même l'auteur d'une monographie sur Rembrandt et d'un essai en 2002, avec le philosophe Alain Finkielkraut et le peintre Ernest Pignon-Ernest, "Etre artiste aujourd'hui" (Editions du Tricorne).

Publié le: 20/11/2008 à 14:48:07 GMT Source : AFP
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