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Le Centre Pompidou rend hommage au designer Ron Arad, un créateur libre
Vue d'une maquette du "Mediacity project" pour Liège du designer/architecte Ron Arad, exposé le 19 novembre à Paris (© AFP - Lionel Bonaventure)
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PARIS (AFP) - Le Centre Pompidou à Paris rend hommage à l'indiscipliné Ron Arad, 57 ans, à travers la première monographie jamais consacrée à ce "créateur libre" qui s'exprime depuis plus de 30 ans au gré d'une imagination sans borne appliquée du design à l'architecture.
"Ron Arad - No discipline" rassemble jusqu'au 16 mars des dizaines d'oeuvres mais aussi des projets architecturaux de Ron Arad, un des plus grands designers actuels, dans une scénographie spectaculaire.

Dès l'entrée, le visiteur plonge directement dans son univers composé de lignes courbes -- symbolisées par exemple par sa série des fauteuils "O Void" aux allures de papillon -- et de matériaux divers, à commencer par les métaux, son terrain de jeu, qu'il rend visuellement souples.

Ainsi également le premier espace accueillant le public est articulé autour de la reproduction du hall d'entrée et de l'escalier de l'opéra de Tel-Aviv réalisé en 1994, une ellipse sous laquelle est projeté un film sur le musée du design d'Holon en cours de construction dans la même ville.

Autour de cette structure tournent les pièces majeures d'Arad comme la "Rover chair" de 1981 faite à partir d'un siège automobile de récupération fixé sur une structure d'acier tubulaire, une "Chaise tapis" non dénuée d'humour (1992), un fauteuil en acier patiné aux fausses allures de cuir vieilli (1994) ou une chaîne hi-fi en béton (1983).

Dans un autre espace, un échafaudage imposant composé uniquement d'une multitude de tubes de diamètres variés abritent les pièces industrialisées, chaises, poubelles ou vidéos etc.

Car ce créateur, né à Tel Aviv en 1951 et vivant depuis 1973 à Londres, aime les objets ou les constructions aux formes sinusoïdales, elliptiques ou ovoïdes. Une de ses créations les plus connues du grand public est l'étagère "Bookworm" (1993) conçue comme un escargot ou un ruban déroulé.

L'exposition parisienne veut surtout mettre en avant "la force" puisée par le créateur dans "sa liberté et sa détermination" d'agir, explique à l'AFP Marie-Laure Jousset, conservateur en chef au Centre Pompidou, responsable de la collection design. "Ron Arad a une curiosité insatiable. C'est un inventeur sans préjugé", ajoute celle qui dès 1987 avait commencé à exposer le travail de ce "designer expérimental" aux côtés de Philippe Starck notamment.

Ron Arab justement, à l'allure d'éternel adolescent en pantalon baggy et chapeau à large rebord immuablement vissé sur la tête, revendique de vouloir "créer quelque chose qui n'a jamais existé auparavant". "Ma démarche est de voir quelle contribution je peux apporter. Je ne suis pas un styliste, dit-il.

Pour Alain Seban, le président du Centre Pompidou, l'itinéraire d'Arad "est une parfaite illustration de la porosité croissante des frontières entre les disciplines". Il représente surtout "l'indiscipline indispensable au véritable créateur", souligne-t-il dans le catalogue consacré à Ron Arad.

L'exposition partira ensuite au musée d'art moderne de New York (28 juillet- 19 octobre 2009) puis au musée d'art moderne d'Amsterdam au printemps 2010.

("Ron Arad - No discipline", tous les jours sauf le mardi de 11h00 à 21h00. Tarifs: 10 à 12 euros, TR: de 8 à 9 euros. Catalogue aux éditions du Centre Pompidou, 216 pages, 34,90 euros)

Publié le: 20/11/2008 à 16:11:35 GMT Source : AFP
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