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Caucase: Russes et Géorgiens se parlent pour la première fois à Genève
Le vice-ministre des Affaires étrangères Giga Bokeria (d.) avec sa délégation à Genève le 19 novembre 2008 (© AFP - Fabrice Coffrini)
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GENEVE (AFP) - Russes et Géorgiens se sont retrouvés mercredi à Genève pour la première fois depuis le conflit d'août autour d'une table pour évoquer les problèmes de sécurité et des déplacés, sous l'égide de l'Union européenne, de l'ONU et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Un mois après une première tentative avortée et trois mois à peine après une guerre éclair sanglante, les discussions sur le conflit dans le Caucase ont enfin pu débuter, engageant un processus qui doit se poursuivre au mois de décembre, ont annoncé les participants.

"C'est la première fois depuis les évènements tragiques du mois d'août que tous les participants et donc les parties au conflit se sont rencontrés directement", a relevé le diplomate français Pierre Morel, représentant l'UE.

"Désormais, les discussions internationales sont entrées dans une phase pleinement opérationnelle", s'est encore félicité M. Morel en précisant que la prochaine rencontre est prévue pour les 17 et 18 décembre.

"Nous avons fait un saut qualitatif important, nous avons quitté les débats stériles de procédures et engagé les débats de substance", a renchéri le représentant de l'ONU en Géorgie Johan Verbeke.

Ces progrès, très vite salués par Washington, ont été acquis grâce à la décision des participants de lâcher du lest sur les "questions politiques lourdes" pour parer au plus pressé, la sécurité sur le terrain qui se dégrade de jour en jour.

Le soulagement était général, après le clash du premier rendez-vous manqué de Genève en octobre. La tension était alors tangible entre les parties, les Russes voulant imposer au cours d'une réunion plénière la présence de représentants pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, les deux républiques géorgiennes unilatéralement proclamées indépendantes à l'origine du conflit entre Moscou et Tbilissi.

Cette fois, les organisateurs ont choisi de ménager "les susceptibilités" et d'abaisser le niveau de la rencontre à des groupes de travail informels où les participants étaient représentés à titre individuel, selon une source diplomatique.

Trois heures durant, UE, ONU, OSCE, Russes, Géorgiens et leurs représentants respectifs d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud ont eué des discussions "directes, très pertinentes" et "qui nous ont aidé à clarifier les positions de toutes les parties", a expliqué le chef de la délégation russe, le vice-ministre des Affaires étrangères, Grigori Karassine.

Le thème de la sécurité a toutefois dominé les débats : "tous les participants ont convenu que la situation sur le terrain était terrible", a indiqué l'homologue géorgien de M. Karassine, Giga Bokeria.

"Des cas dramatiques se produisent pratiquement tous les jours", a reconnu M. Morel. A cet égard, trois personnes ont été tuées ces derniers jours et la mission d'observation de l'UE en Géorgie a essuyé des tirs dimanche près de l'Abkhazie.

Diverses propositions ont été faites, et notamment la mise en place d'"un mécanisme de prévention et de règlement des différends" destiné à mieux coordonner des forces en place, a fait savoir le diplomate français, sans plus de détails.

La question du passage des civils entre les deux républiques séparatistes et la Géorgie a été également été évoquée, M. Verbeke estimant que ces passages devront "si possible être gérés internationalement".

Un peu sceptique, le chef de la délégation géorgienne a espéré que ces bonnes pensées se concrétisent rapidement.

"Il est très important que ces progrès se traduisent sur le terrain", a dit M. Bokéria, craignant "une nouvelle vague de 'nettoyage ethnique' dans les territoires occupés" (en Ossétie du Sud et en Abkhazie).

En attendant la prochaine réunion, une mission de l'UE, l'OSCE et l'ONU doit se rendre sur le terrain pour évaluer la situation des personnes réfugiées et déplacées à l'approche de l'hiver.

Publié le: 19/11/2008 à 19:12:34 GMT Source : AFP
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