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Casablanca : Projets immobiliers litigieux
Des proches de l'ancien ministre de l'Intérieur impliqués. Le procès de la mauvaise gestion qui a caractérisé pendant des décennies la chose publique à Casablanca aura-t-il un jour lieu ?
La page semble avoir été tournée sur le passé et il n'est question à l'heure actuelle que du traitement d'affaires litigieuses toujours en cours comme il en est pour les dossiers de projets résidentiels aux Roches Noires.

En effet, une enquête menée par la Brigade Nationale de la Police est ouverte actuellement par le Parquet pour déterminer la responsabilité d'anciens dirigeants de cette commune et de la préfecture dont elle dépend, celle de Hay Mohammadi-Aïn Sebâa, dans la déconfiture qui a caractérisé certains projets.


D'après une source proche des dossiers, il s'agit particulièrement des anomalies qui ont été constatées dans deux projets dont l'un a été réalisé et l'autre ne l'est toujours pas. Il s'agit, en l'occurrence, de la Résidence Ouled Ziane et de celle de Fouarate.

Le premier projet, lancé aux débuts des années 90, consiste en un ensemble résidentiel de 27 immeubles de 5 étages comportant chacun 23 à 24 appartements de 100 à 140 m2 ainsi qu'un centre commercial, une école et une mosquée. Ce projet a été initié par la Commune sur un terrain lui appartenant pour le logement de ses fonctionnaires. En plus de ces derniers, le financement a été assuré par une péréquation avec un intéressement des particuliers qui ont été tirés au sort et qui sont largement majoritaires dans cette résidence. Chaque copropriétaire normalement contribuable a versé entre 38 et 55 millions de centimes pour accéder aux appartements qui ont été livrés en 1996 (les versements ont commencé 4 ans auparavant). Dans le lot des bénéficiaires, on s'était retrouvé, en fin de compte, avec de nombreux privilégiés qui ne répondent nullement aux critères de sélection pour bénéficier d'un projet à caractère social et autres spéculateurs qui ont profité de l'aubaine.

Toujours est-il que ce projet a également bénéficié d'un financement de plusieurs milliards du CIH qui n'a pas été à ce jour honoré alors que la résidence a été entièrement commercialisée depuis 7 ans. On peut, par conséquent, déduire que l'enquête sur cette affaire, ouverte avant Ramadan dernier, s'inscrit dans le cadre du traitement particulier qui a été réservé au dossier de cet établissement qui a sombré sous les créances non recouvertes, sans parler des plaintes de sociétés lésées. Et il se trouve également que les copropriétaires de la Résidence Ouled Ziane, qui se sont acquittés de leur prêt jusqu'au dernier sous, et bien qu'ils ont eu la main levée du CIH, n'ont pu encore entrer en possession de leur titre de propriété.

Le deuxième projet, celui de Fouarat, se trouve quant à lui toujours à l'état de chantier fermé et dont l'enquête doit déterminer le sort des fonds qui étaient destinés à sa construction.

Deux personnages de premier rang figurent sur la liste des suspects, notamment pour des irrégularités dans la passation des marchés. Il s'agit de proches de l'ancien ministre de l'Intérieur Driss Basri, à savoir Abdelmoughit Slimani, ex-président de la commune des Roches Noires et de la communauté urbaine de Casablanca, et Abdelaziz Laâfoura, ex-gouverneur de Hay Mohammadi - Aïn Sebaâ. Toujours selon la même source, ces deux mis en cause ont été assignés, tout comme d'autres suspects, à ne pas quitter le territoire national tant que l'enquête se poursuit, mais de préciser qu'ils disposent toujours de leur passeport, un document qui ne peut être retiré que par décision d'un tribunal. Maintenant, des enquêtes sur toutes les transactions douteuses et malversations commises par les anciens responsables de Casablanca étaient ouvertes, partant d'un audit que l'actuel Conseil de la ville se doit d'effectuer avant d'entamer son mandat, on se retrouverait devant un gouffre sans fond pour ne pas dire devant toute une collection de poupées russes.L'Opinion
Publié le: 21/01/2004 à 05:07:48 GMT
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