| Bruxelles attendu au tournant sur des propositions pharmaceutiques |
| BRUXELLES (AFP) - Bruxelles, qui devrait dévoiler la semaine prochaine deux textes législatifs encadrant l'industrie pharmaceutique, a essuyé mercredi une rafale d'objections de la part d'organisations de consommateurs et de certains distributeurs de médicaments. |
La présentation de ces nouvelles propositions par le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen avait été reportée il y a un mois en raison de l'opposition de nombreux autres commissaires européens.
Selon les détracteurs du projet, les deux textes revenaient alors à éliminer le commerce "parallèle" (par des grossistes agréés) des médicaments délivrés sur ordonnance et à autoriser les groupes pharmaceutiques à faire de la publicité sur leurs produits.
M. Verheugen a dû revoir sa copie avant de solliciter l'aval des commissaires mercredi prochain.
Dans le doute, vingt organisations européennes représentant les consommateurs, les patients et les professionnels de la santé ont toutefois écrit mercredi au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour exprimer "leurs inquiétudes".
Ils défendent notamment la diffusion d'une information "indépendante, comparative, non-biaisée, et non-publicitaire" sur les médicaments.
"Une déréglementation mal avisée des règles actuelles sur les médicaments sous ordonnance risque de conduire à des dépenses accrues, tandis que tout bénéfice à la santé ou à la qualité des soins de santé reste à prouver", écrivent les vingt organisations dans leur lettre.
Le projet législatif ne va pas jusqu'à autoriser la publicité pour les médicaments, mais il introduit une nouvelle souplesse pour mieux communiquer certaines informations aux patients.
Le second texte en préparation vise en fait à lutter contre le phénomène inquiétant des contrefaçons de médicaments, en sécurisant la chaîne d'approvisionnement.
Les négociants du "commerce parallèle de médicaments" achètent des médicaments sous brevet aux groupes pharmaceutiques afin de les revendre dans leur propre pays ou de les exporter à l'étranger.
Arrivés à destination, ces médicaments doivent toutefois être pourvus de nouveaux emballages, pour comporter notamment une boîte et une notice d'utilisation dans la langue du pays.
Le projet pourrait interdire à ce type d'intermédiaires toute manipulation de l'emballage des médicaments, ce qui revient à les écarter du marché de l'exportation.
Les groupes pharmaceutiques seraient alors les seuls à dicter leurs prix de vente dans chaque pays de l'UE.
"Notre profession est tout aussi réglementée que celles des groupes pharmaceutiques. Nous faisons partie du secteur", s'est défendu mercredi le président de l'association des distributeurs parallèles européens de médicaments, Richard Freudenberg.
"Nous réclamons des preuves selon lesquelles cette méthode de distribution pose des problèmes de sécurité", a-t-il dit, en s'insurgeant contre tout amalgame avec l'activité des contrefaçons.
Il propose de confier ce dossier à la commissaire à la Santé Androulla Vassiliou, en accusant M. Verheugen de "promouvoir un programme commercial de l'industrie pharmaceutique sous couvert de protection des patients européens".
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| Publié le: 19/11/2008 à 19:55:48 GMT |
Source : AFP |
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