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Brésil: un orage tropical a plongé la moitié du Brésil dans le noir
Des véhicules circulent sur l'avenue du 23 mai ("23 de Maio") plongée dans le noir, à Sao Paulo le 11 novembre 2009 (© AFP - Mauricio Lima)
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RIO DE JANEIRO (AFP) - Un orage tropical avec de violentes rafales de vent est à l'origine du black-out qui a plongé dans le noir 70 millions de Brésiliens mardi soir, a annoncé mercredi soir le ministre de l'Energie, Edson Lobao.
"Il y a eu la foudre, des rafales de vent et de fortes pluies qui ont provoqué un court-circuit dans trois lignes à haute tension", entre les Etats du Parana (sud-est) et de Sao Paulo, utilisées pour l'alimentation en électricité fournie par la centrale hydroélectrique d'Itaipu, la plus grande du pays, exploitée avec le Paraguay, a expliqué le ministre de l'Energie Edson Lobao.

L'institut national de météorologie a confirmé qu'il y avait eu "une concentration de ces phénomènes atmosphériques dans cette région", a ajouté M. Lobao au cours d'une conférence de presse.

Le Brésil est considéré comme le pays subissant le plus de coups de foudre au monde.

Cela a provoqué une réaction en chaîne du système, afin d'éviter des dégâts aux équipements et de faciliter la reconnexion, a poursuivi le ministre, à l'issue d'une réunion avec tous les opérateurs de l'énorme système électrique brésilien, qui compte 100.O00 km de lignes à haute tension.

"Tout le système a recommencé à fonctionner" normalement, a-t-il souligné, après que l'on eut enregistré une chute de 40% de la production d'énergie du pays, selon lui.

La panne survenue en milieu de soirée a paralysé plus ou moins longtemps 18 des 27 Etats du pays, dont les deux plus importants, ceux de Sao Paulo et de Rio de Janeiro (sud-est). L'électricité n'est revenue progressivement qu'environ quatre heures plus tard.

La panne a surpris des dizaines de millions de Brésiliens dans les rues, les métros, les ascenseurs, les restaurants, les aéroports. Elle a affecté au total 70 millions de personnes, selon de nouvelles évaluations, soit plus du tiers des 195 millions d'habitants.

Mercredi après-midi, le président Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé que le black-out n'était pas dû à un manque de capacités de production.

"Il n'y a pas eu de manque de production d'énergie. L'énergie a continué à être produite", a dit Lula.

Le chef de l'Etat a insisté sur le fait que cette panne n'avait rien de comparable avec la crise énergétique vécue en 2001 sous le gouvernement de son prédécesseur, quand un rationnement d'énergie avait dû être imposé à la population.

Le Brésil a aussi connu de grandes pannes de courant en 1984, 1997 et 1999.


Lula a mis en avant le fait que 30% du réseau électrique existant aujourd'hui avait été construit, selon lui, au cours des sept années de son mandat.

Le président de la centrale d'Itaipu Jorge Miguel Samek a souligné de son côté que le problème n'était pas venu du barrage mais des lignes à haute tension. Il a précisé qu'Itaipu produisait 14.000 mégawatts, soit 19% de l'énergie totale du pays. Plus de 80% de l'électricité du Brésil provient d'usines hydroélectriques.

Pendant la coupure, les autorités ont dépêché tous les effectifs de police disponibles dans les rues, de crainte d'une vague de violences et de pillages à la faveur de l'obscurité. A Rio, une unité d'élite a patrouillé dans les quartiers de la zone nord pour éviter une reprise de la guerre du trafic qui a fait récemment une quarantaine de morts.

Seuls de rares incidents ont été signalés, au grand soulagement des autorités de Rio dont l'image souffre de l'insécurité, un mois et demi seulement après avoir été choisie pour accueillir les jeux Olympiques en 2016.

Publié le: 11/11/2009 à 22:38:02 GMT Source : AFP
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