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Bloomberg en passe de couper le cordon avec Merrill Lynch, son premier allié
Les locaux de Merril Lynch à New York (© AFP/Archives - Emmanuel Dunand)
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NEW YORK (AFP) - La revente par Merrill Lynch de ses 20% du groupe d'information financière Bloomberg à son fondateur Michael Bloomberg marquerait le dernier chapitre d'une alliance née en 1981-82, quand Merrill avait été le premier client de l'agence Bloomberg naissante.
Selon la presse américaine, Merrill a conclu un accord pour revendre 20% de Bloomberg à M. Bloomberg lui-même, pour environ 4,5 milliards de dollars. Le groupe d'information, devenu indispensable dans les salles de marchés mondiales, est déjà détenu à 72% par Michael Bloomberg, qui est aussi le maire de New York.

En rachetant la part de Merrill, Michael Bloomberg se retrouvera quasiment seul maître à bord de son groupe, avec 92% des actions. La valeur de ses titres fait de lui l'un des hommes les plus riches du monde.

Merrill avait accepté dès 1981 de se servir des systèmes automatisés (sur papier) d'informations sur les cours de Bourse, idée développée par Michael Bloomberg qui n'était alors qu'un jeune trader licencié de Salomon Brothers.

Puis la banque avait racheté 30% du groupe pour seulement 30 millions de dollars en 1985, volant au secours du jeune groupe de médias qui battait de l'aile. En 1996, la banque avait ensuite revendu à Bloomberg 10% de son groupe pour 200 millions de dollars.

Maintenant, la situation est inversée: c'est Michael Bloomberg qui rachète ses parts à Merrill, apportant à la banque un argent frais bienvenu dans le contexte actuel.

D'autre part, cette transaction donne au groupe de médias une valeur publique conséquente de 22,5 milliards de dollars.

Cette vente devrait être annoncée jeudi soir par Merrill quand la banque publiera ses résultats trimestriels, qui, selon les analystes, afficheront une perte nette d'environ 1,8 milliard de dollars.

Merrill Lynch, qui a perdu des dizaines de milliards de dollars avec la crise des "subprime", tente par tous les moyens de lever de nouveaux capitaux. Elle a passé 37 milliards de dépréciations d'actifs depuis le début de la crise et selon les analystes pourrait devoir encore en passer 6 milliards de plus.

En janvier, son PDG John Thain avait pourtant déclaré que la banque avait déjà levé 12,8 milliards et n'avait pas besoin de davantage de fonds.


En fait, pressée par ses besoins d'argent, et alors que Bloomberg disposait d'un droit de préemption sur cette participation de 20% de son groupe, la banque a dû vendre au rabais: elle n'a pas réussi à atteindre le prix de 5 à 6 milliards de dollars évoqué par John Thain le mois dernier.

En revanche Merrill Lynch semble pour l'instant avoir renoncé à vendre ses 49% dans le fonds BlackRock, une participation que les analystes évaluent à plus de 9 milliards.

Selon le New York Times, le groupe Bloomberg dégage un bénéfice opérationnel annuel de 1,5 milliard de dollars, des liquidités qui ont permis à son patron de payer sa campagne pour la mairie de New York en 2001, puis celle pour sa réélection, deux campagnes municipales qui ont atteint des niveaux records aux Etats-Unis.

Publié le: 17/07/2008 à 16:16:02 GMT Source : AFP
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