| Blocage du processus de paix: Abbas pourrait démissionner |
| RAMALLAH (AFP) - Le président palestinien Mahmoud Abbas pourrait démissionner en cas d'échec des efforts américains pour relancer le processus de paix avec Israël, ce qui entraînerait l'effondrement de l'Autorité palestinienne, a prévenu mardi son entourage. |
"Le président Abbas n'est pas en train de s'amuser. Il n'a pas l'intention de s'accrocher à la présidence simplement pour le titre. Il veut être président d'un Etat palestinien", a déclaré à l'AFP le négociateur Saëb Erakat.
"Si le président Abbas a le sentiment que son projet d'établir un Etat palestinien est en danger et qu'Israël veut détruire l'idée d'un Etat palestinien, je pense qu'il ne va pas rester à sa place à la présidence", a ajouté M. Erakat.
Or, a-t-il poursuivi, "s'il n'y a pas d'Etat palestinien, il n'y aura pas d'Autorité palestinienne ou d'institutions ou de présidence de l'Autorité palestinienne."
La menace de démission a été confirmée par un autre responsable palestinien, qui a averti qu'en cas de départ de M. Abbas, "l'Autorité (palestinienne) s'effondrera, il n'y aura plus d'Autorité palestinienne ni aucune des institutions d'un Etat palestinien".
L'Autorité palestinienne a été créée dans la foulée des accords d'Oslo de 1993, qui ont accordé une autonomie limitée aux Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et devaient à terme mener à la création d'un Etat palestinien.
Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat lors des élections générales palestiniennes, convoquées pour le 24 janvier, en raison du blocage du processus de paix suspendu depuis l'offensive israélienne contre la bande de Gaza (décembre 2008-janvier 2009).
Ce geste fort vise à faire pression sur les Etats-Unis afin qu'ils persuadent leur allié israélien de geler la colonisation en Cisjordanie occupée, comme le réclament les Palestiniens.
Israël n'offre qu'un gel partiel des implantations et réclame une reprise des discussions sans condition préalable.
L'administration Obama se débat avec les retombées de propos controversés tenus fin octobre à Jérusalem par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qui a semblé entériner la position israélienne, à la consternation des Palestiniens.
Depuis, les dirigeants américains s'efforcent de rassurer les Palestiniens en répétant que la Maison Blanche veut toujours un arrêt de la colonisation israélienne et que sa position n'a pas changé, sur fond de frictions inhabituelles avec son allié israélien.
Signe des crispations entre Américains et Israéliens, le président Barack Obama a reçu lundi à huis clos le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ce qui a été perçu comme une rebuffade par la presse israélienne.
De son côté, la France, qui s'apprête à recevoir mercredi M. Netanyahu, a fait part d'un "vrai différend politique" avec Israël sur les colonies.
"Nous pensons toujours que le gel des colonisations, c'est-à-dire ne pas coloniser pendant qu'on parle (de parvenir à la paix), serait absolument indispensable", a déclaré mardi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.
M. Kouchner a déploré qu'il n'y ait plus en Israël d'"aspiration à la paix". "Il me semble, et j'espère me tromper, que cette aspiration a disparu comme si on n'y croyait plus", a-t-il observé.
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| Publié le: 10/11/2009 à 16:14:45 GMT |
Source : AFP |
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