| Le BIT appelle les Etats à garantir les droits des travailleurs migrants |
| ADDIS ABEBA (AFP) - Les migrations humaines, en constante augmentation, représentent un facteur d'enrichissement des économies nationales et mondiale, selon le Bureau international du travail (BIT) qui demande que les droits des travailleurs immigrés soient davantage garantis. |
Les Etats doivent développer "une approche équitable pour les travailleurs migrants", juge le BIT qui a tenu cette semaine à Addis Abeba sa 11e réunion régionale Afrique.
L'immigration est bénéfique à l'économie des pays hôtes et à l'économie mondiale, a rappelé l'agence onusienne.
"Souvent les migrants occupent des emplois que les nationaux boudent, les immigrés consomment et donc augmentent la demande de biens et services et (...) la création d'emplois plus qualifiés pour les nationaux", selon Ibrahim Awad, directeur au BIT du programme des migrations internationales.
Les migrants "font également bénéficier leur pays d'origine de leur argent. Dans certains pays africains, ils sont même la première source de fonds", dit-il, assurant que "cet argent est le plus souvent utilisé pour l'éducation et la santé et donc participe globalement au développement humain".
Devant ce constat, le BIT appelle à lutter contre les discriminations visant les travailleurs immigrés.
L'organisation estime qu'il faut garantir l'égalité de traitement entre immigrés et nationaux du pays hôte et dénonce les conditions d'exploitation des immigrés dans certains pays.
Certaines pratiques, notamment le travail clandestin, nuisent au marché de l'emploi, souligne le BIT, qui note toutefois des progrès juridiques, notamment en Afrique.
"D'ici 2015, les trois quarts des Etats africains se seront dotés de politiques visant à garantir que les travailleurs migrants ont un statut régulier et reconnu, et qu'ils sont pleinement protégés par la législation du travail du pays hôte et bénéficient d'un traitement égal et de possibilités égales", se félicite l'organisation.
Le BIT rappelle par ailleurs que les migrations du travail sont en constante augmentation et qu'elles apparaissent comme un phénomène irréversible.
"En 2005, on a dénombré un total de 191 millions de migrants, des gens qui quittent leur pays pour un autre pour au moins un an, dans le monde", explique M. Awad, précisant que "50% de ces migrants sont des travailleurs, 7 à 8% sont des réfugiés ou des gens qui cherchent asile, 2% des étudiants ou des artistes, les 40% restants sont les familles des travailleurs migrants".
Selon lui "62 millions de personnes ont migré des pays en développement vers les pays industrialisés, 61 millions d'un pays en développement vers un autre, et 14 millions d'un pays industrialisé vers un pays en développement, ces derniers sont essentiellement des employés expatriés de grandes sociétés et des gens qui rentrent chez eux", a-t-il souligné.
Le BIT estime entre "8 et 9 millions le nombre d'Africains qui vivent et travaillent en dehors de leur pays de naissance, principalement en Afrique, mais beaucoup en Europe et dans les Etats du Golfe".
Parmi eux, les personnes peu qualifiées sont majoritaires. Mais de plus en plus d'Africains très diplômés, "comme les médecins ghanéens", émigrent également, note M. Awad.
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| Publié le: 28/04/2007 à 14:46:17 GMT |
Source : AFP |
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