| Belgique: semaine de vérité pour la formation d'un gouvernement |
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BRUXELLES (AFP) - La semaine qui s'ouvre sera décisive pour évaluer les chances de la Belgique de se doter d'un gouvernement alors que la crise politique qui déchire partis flamands et francophones a égalé lundi un record historique de durée. |
Sorti en tête lors des législatives du 10 juin, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, a poursuivi lundi, au 148e jour des négociations, ses entretiens discrets avec les partenaires pressentis de l'"Orange bleue", la coalition, regroupant chrétiens-démocrates et les libéraux flamands et francophones, qu'il tente difficilement de bâtir.
Jusqu'ici, M. Leterme a soigneusement contourné les questions "communautaires", celles ayant trait aux relations entre Flamands (60% de la population belge) et francophones (40%).
Mais le compte à rebours enclenché par les partis flamands va s'accélèrer dans les prochaines 48 heures.
Pour pouvoir espérer devenir Premier ministre dans quelques semaines, M. Leterme doit trouver d'ici à une réunion cruciale au parlement mercredi après-midi une amorce de compromis sur le dossier symbolique de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV".
Les principaux partis flamands, qui réclament depuis 40 ans que BHV, seule circonscription bilingue du pays, soit scindé en deux entités distinctes, exigent un geste avant de signer un accord de majorité avec les francophones.
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Ils ont accentué la pression à la chambre des députés en déposant des propositions prévoyant que les 19 communes de l'agglomération bruxelloise, francophones à plus de 85%, forment à l'avenir une nouvelle circonscription autonome et bilingue.
Les 35 communes flamandes des cantons de Hal et Vilvorde, liées actuellement à Bruxelles, seraient quant à elles versées dans l'arrondissement entièrement néerlandophone de Louvain. En conséquence, les quelque 120.000 francophones de Hal-Vilvorde perdraient la possibilité d'élire, aux élections fédérales, des candidats bruxellois francophones.
Sans "perspective claire de solution" dans les heures qui viennent, les partis flamands affirment qu'ils voteront mercredi la scission de BHV en commission de l'Intérieur de la Chambre, en usant, pour la première fois de l'histoire du pays, de leur majorité.
Un tel vote n'aurait pas de conséquences pratiques immédiates, les francophones disposant de recours.
Mais cela risquerait de faire éclater la coalition désignée pour former le gouvernement.
"Si les Flamands votent, ne fut-ce qu'un article, ils auront démontré qu'ils ne veulent plus négocier", a prévenu lundi le négociateur francophone Melchior Wathelet.
Yves Leterme lui-même fait preuve d'un optimisme tout relatif, évaluant à "51%" ses chances de succès.
Dans les rangs francophones, les partisans de l'"unité de la Belgique", face aux tentations séparatistes de l'autre côté de la frontière linguistique, ont lancé un appel à une manifestation à Bruxelles dimanche 18 novembre. Parmi les Flamand, l'opinion publique semble se radicaliser.
Selon un sondage publié lundi par le quotidien Het Laatste Nieuws, neuf Flamands sur 10 souhaitent le vote de la scission de BHV, même contre l'avis des francophones. Pour 84% des Flamands interrogés, la "première priorité" du prochain gouvernement doit être une réforme de l'Etat accordant plus d'autonomie à la Flandre.
La même enquête révèle également que 44,4% des Flamands souhaitent l'éclatement de la Belgique, pour 53,1% qui s'y opposent. Mais près des deux-tiers des néerlandophones (63%) estiment que la fin du royaume est à terme inéluctable, pour 33,2% qui pensent le contraire.
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| Publié le: 05/11/2007 à 14:09:11 GMT |
Source : AFP |
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