| La BCE sur le point de remonter ses taux directeurs |
| FRANCFORT (AFP) - La Banque centrale européenne (BCE) est sur le point de remonter légèrement son principal taux directeur dans l'objectif de prévenir une surchauffe inflationniste, un geste diversement apprécié alors que l'économie européenne s'affaiblit. |
Sauf coup de théâtre, le conseil des gouverneurs de la BCE, qui se réunit jeudi à partir de 07h00 GMT à Francfort (ouest) va décider d'augmenter d'un quart de point à 4,25% son principal taux directeur.
Le taux de refinancement, qui détermine le coût du crédit en zone euro pour les particuliers et les entreprises, se hisserait à son plus haut niveau depuis sept ans.
Il y a un mois, le président de l'institution Jean-Claude Trichet a déjà ouvert la voie à une hausse de taux devant contribuer à maintenir les attentes d'inflation légèrement en dessous de 2% à moyen terme.
En juin, les prix à la consommation ont grimpé à 4% sur un an à cause du pétrole cher, selon un chiffre provisoire, soit le double de l'objectif de la BCE. De quoi la conforter dans son projet de resserrer la vis du crédit.
Mais parallèlement, l'économie européenne montre des signes de faiblesse de plus en plus marqués, sur le front des exportations -qui souffrent du ralentissement de l'économie mondiale et de la force de l'euro-, de l'activité industrielle et de la consommation, toujours en berne en raison de l'envolée des prix des aliments et de l'énergie.
Dans ce contexte, la hausse de taux s'avère politiquement délicate et réveille les critiques en Espagne, aux prises avec une grave crise immobilière, ou en France. Le président français Nicolas Sarkozy a suggéré à la BCE de "se poser la question de la croissance économique en Europe et pas simplement de l'inflation".
Le ministre des Finances allemand Peer Steinbruck est venu mettre son grain de sel, invitant mardi la BCE à "réfléchir" aux conséquences d'une hausse de taux pour l'économie, tout en se défendant mercredi de lui avoir lancé une mise en garde.
La BCE peut s'appuyer sur le soutien des responsables européens à Bruxelles. Après le président de la Commission José Manuel Barroso, le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia a défendu sa politique anti-inflationniste.
Les marchés et les économistes se préoccupent eux déjà de l'avenir. La hausse de juillet sera-t-elle suivie d'une autre à l'automne? Les avis sont partagés. Jean-Claude Trichet "va peut être redire que la hausse de juillet n'est pas le début d'une série", estime Cédric Thellier, analyste chez Natixis, ce qui n'exclut pas un tour de vis en septembre ou octobre.
Les propos du Français lors de la conférence de presse seront donc décortiqués avec un soin plus grand que d'ordinaire.
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| Publié le: 03/07/2008 à 05:26:19 GMT |
Source : AFP |
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