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La BCE juge ses taux adaptés, malgré une économie en phase de faiblesse
Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet lors d'une conférence de presse à Francfort le 7 août (© DDP/AFP/Archives - Martin Oeser)
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FRANCFORT (AFP) - La Banque centrale européenne (BCE) juge toujours sa politique monétaire adaptée malgré une économie qui a entamé un épisode de faiblesse, les risques inflationnistes restant pour l'heure trop élevés, a fait savoir jeudi son président Jean-Claude Trichet.
Le conseil des gouverneurs n'a discuté que d'"une seule option", garder les taux inchangés, et a pris la décision "à l'unanimité", a déclaré le Français lors d'une conférence de presse à Francfort (ouest). Le principal taux de la zone euro est resté à 4,25%, son niveau depuis juillet.

Pour la suite, la BCE estime que sa politique actuelle "va contribuer à atteindre son objectif" de stabilité des prix, à savoir une inflation légèrement inférieure à 2% à moyen terme. Cet objectif devrait être atteint "au cours de 2010", a-t-il ajouté.


"Nous n'avons pas de parti pris" sur la politique monétaire future, a-t-il insisté et le conseil des gouverneurs ne prend jamais de décision à l'avance sur le cap à moyen terme de la politique monétaire.

M. Trichet a reconnu que la croissance s'était affaiblie à la mi-2008, à la fois en réaction à la forte augmentation du Produit intérieur brut du premier trimestre mais aussi en raison d'un coup de frein de la demande mondiale et intérieure, lié en partie aux prix élevés des matières premières, pétrole en tête.

Le Produit intérieur brut a baissé de 0,2% comparé au premier, pour la première fois depuis la création de la zone euro.

Mais le conseil estime que cet "épisode (de faiblesse) sera suivi d'une reprise progressive", a-t-il dit. "Nous sommes dans un creux au deuxième et troisième trimestre", a-t-il admis, refusant de dire s'il attendait une récession technique (à savoir deux trimestres d'affilée de contraction de la croissance).

La BCE a d'ailleurs revu en forte baisse ses prévisions de croissance , à 1,4% cette année (contre 1,8% prévu il y a trois mois) et 1,2% en 2009 (contre 1,5%).

Côté inflation, il continue à juger son niveau "inquiétant", malgré la légère détente du mois d'août, avec un taux de 3,8% sur un an. Et il a mis de nouveau en garde contre les risques de dérapage des prix lié aux effets de second tour, disant craindre particulièrement une spirale inflationniste liée aux salaires.


Il s'est de nouveau élevé contre la pratique d'indexer les revendications salariales sur l'inflation, comme cela est le cas dans certains pays de la zone euro, un usage qu'il faut "abolir" selon lui.

Selon les prévisions maison de la BCE, l'inflation devrait s'élever à 3,5% cette année et 2,6% l'an prochain, ce qui correspond à une légère hausse comparé aux pronostics de juin dernier.

Publié le: 04/09/2008 à 14:56:25 GMT Source : AFP
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