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Banques françaises: après le défi du "subprime", celui de la récession ?
Logo sur l'entrée des bureaux de la banque Crédit Agricole Indo-Suez à Genève, le 5 septembre 2000 (© AFP/Keystone/Archives - Martial Trezzini)
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PARIS (AFP) - Les banques françaises ne se sont pas encore remises de la crise des "subprime" qu'elles doivent affronter un nouveau défi: le ralentissement économique de la France qui se fait déjà sentir sur leurs résultats du deuxième trimestre.
La première banque du pays, le Crédit Agricole, a publié jeudi un bénéfice d'à peine 76 millions d'euros, en baisse de 94% par rapport au deuxième trimestre 2007. Elle fait moins bien que BNP Paribas qui avait dégagé un profit de 1,5 milliard d'euros (-34%) et que la Société Générale avec 644 millions d'euros (-63%).

Elle a été plombée par sa filiale Calyon, qui a enregistré de nouvelles dépréciations de 1,1 milliard d'euros, portant la facture de la crise des crédits immobiliers américains à risque à 6,5 milliards d'euros depuis l'été 2007.


Ce résultat a été pourtant bien accueilli à la Bourse de Paris qui s'attendait à pire. Le titre Crédit Agricole, qui a perdu 41% depuis le 1er janvier, "apparaît bon marché pour une action qui est maintenant bien capitalisée", ont estimé les analystes de la Deutsche Bank.

La banque verte a réussi en juin à boucler une augmentation de capital de 5,9 milliards d'euros qui lui a permis de renforcer sa solidité financière.

L'action de Natixis baissait au contraire fortement jeudi, après l'annonce par la plus jeune des banques françaises d'une perte nette de 948 millions d'euros au premier semestre.

Ses revenus ont été amputés à hauteur de 1,95 milliard d'euros par la baisse de valeur des produits financiers les plus touchés par la crise, portant la facture totale à 3,9 milliards d'euros.

"Natixis a subi de plein fouet depuis début juin la dégradation soudaine et violente des marchés financiers", a reconnu Dominique Ferrero, directeur général, au cours d'une conférence téléphonique.

La filiale des groupes Banque Populaire et Caisse d'Epargne a entraîné ses maisons mère dans sa chute. Ainsi le bénéfice du Groupe Banque Populaire est divisé par 12 par rapport à l'an dernier, à seulement 94 millions d'euros.

Le Groupe Caisse d'Epargne est, lui, resté bénéficiaire de justesse, voyant son profit divisé par 69 au premier semestre, à 21 millions d'euros.

Les banques françaises, dites "universelles" car elles exercent tous les métiers de la banque et s'adressent à tous les types de clientèle, sont prises entre le marteau de la crise financière et l'enclume de la crise économique.

Alors qu'elles comptaient sur leur banque de détail pour compenser les contre-performances de leur banque d'affaires, le ralentissement économique risque de contrarier la timide sortie de crise qui s'annonce.

Signe de ce ralentissement, à la Société Générale, la production de nouveaux prêts à l'habitat a reculé de 4% sur les six premiers mois de l'année, les autres banques se refusant à communiquer de chiffres.

Quant au crédit à la consommation, bon indicateur du moral des ménages, le Crédit Agricole indique que la production a progressé de 4,4% depuis janvier. Mais la maison mère de Sofinco et Finaref reconnaît que cette croissance est portée "au premier chef" par les implantations à l'international.

Optimiste, le patron du Crédit Agricole, Georges Pauget, voit toutefois dans ce ralentissement l'occasion pour les banques de renouer, paradoxalement, avec la rentabilité. "Il y a un an, nous faisions beaucoup de crédits immobiliers avec des marges négatives. Si nous en faisons moins avec des marges positives, c'est mieux du point de vue de la compétitivité des banques", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

Publié le: 28/08/2008 à 14:13:50 GMT Source : AFP
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