| Avignon: le Dante très dansé du tandem italo-néerlandais Greco-Scholten |
| AVIGNON (AFP) - Le duo italo-néerlandais de chorégraphes constitué par Emio Greco et Pieter C. Scholten présente jusqu'à dimanche soir, au Festival d'Avignon, un Dante très dansé, en invitant le spectateur à entrer dans un "Purgatoire" à l'allure de pièce pop avec guitares. |
"La Divine Comédie" résonne cet été à plusieurs endroits de la Cité des papes, contribuant à donner une forte identité thématique à cette 62e édition du grand rendez-vous européen des arts contemporains de la scène.
L'Italien Romeo Castellucci a revisité de manière très libre les trois volets de la somme, et l'autre "artiste associée" du festival, Valérie Dréville, en donnera quelques chants, lundi, dans la Cour d'honneur du Palais des papes. Même le metteur en scène François Tanguy a incorporé quelques extraits de l'oeuvre dans son impressionniste et déroutant "Ricercar".
"La Divine Comédie" a aussi inspiré, pour un projet de longue haleine en forme de tétralogie, les chorégraphes Emio Greco et Pieter C. Scholten, dont le premier est italien et danseur, et le second néerlandais et metteur en scène.
Réunis à Amsterdam, les deux hommes ont créé en 2006 "HELL", pièce de groupe évoquant les scènes de souffrance, qui sera reprise les 23 et 24 juillet à Avignon, dans la vaste cour du lycée Saint-Joseph.
Au même endroit, la compagnie Emio Greco/PC a présenté jeudi soir "[purgatorio] POPOPERA". Plus tard, leur purgatoire aura une autre apparence, moins sombre sans doute ("[purgatorio] IN VISIONE"), avant l'accession au "Paradis".
"[purgatorio] POPOPERA", c'est "encore un peu l'Enfer", relève le chorégraphe italien dans le programme de salle. Les six danseurs (auxquels se joindra bientôt Emio Greco lui-même, de façon virtuose) n'y semblent pas tout à fait maîtres de leurs mouvements, s'activant parfois à l'unisson de l'un d'entre eux, ou bougeant de façon plus instinctive et animale.
Leurs grands gestes des bras et des jambes (griffant l'air, frappant le sol) sont interrompus par les petits gris aigus d'une chanteuse classique (Michaela Riener, à la présence lente voire statique, à distance du groupe) ou par des riffs de guitare électrique.
Cet instrument est d'ailleurs très présent, ces danseurs-musiciens étant transformés en "guitar heroes" assez effrayants sur les motifs obstinés du compositeur américain Michael Gordon.
La longueur annoncée du spectacle est d'1h30, mais la pièce ne dure qu'une heure: au-delà, ce propos en boucle se serait sans doute essoufflé, ce qui n'est pas le cas ici, tant l'investissement physique maintient la tension.
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| Publié le: 18/07/2008 à 15:25:17 GMT |
Source : AFP |
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