| L'Assemblée renforce la lutte contre les violences dans les stades |
| PARIS (AFP) - L'Assemblée nationale a renforcé mardi la lutte contre les hooligans et les violences dans le sport, en particulier lors des rencontres de football, une dérive unanimement dénoncée comme "détestable" et "inadmissible" sur tous les bancs de l'hémicycle. |
Les députés ont adopté, à une large majorité, une proposition de loi UMP à laquelle le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a apporté le "ferme soutien" du gouvernement.
En dépit du contexte politique tendu, les élus PS ont joint leurs voix à celles de l'UMP et de l'UDF pour approuver ce texte, présenté par le député UMP Claude Goasguen. Le groupe PCF s'est abstenu.
Parmi les dispositions majeures du texte, qui doit être encore soumis aux sénateurs, figure la création d'une "Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives", dont la compétence a été étendue au sport amateur.
Y figure aussi la possibilité de dissoudre par décret, après avis de cette Commission, des groupements ou associations "soutenant des associations sportives dont les membres ont commis des actes répétés de destruction et de violence ou d'incitation à la haine et à la discrimination lors des manifestations sportives".
Le non-respect de ces dispositions est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.
Les orateurs ont unanimement dénoncé les violences dans les stades souvent accompagnées de comportements "racistes", "antisémites, "xénophobes" ou "homophobes", citant notamment les "cris de singe" et les "jets de bananes" en direction des joueurs de couleur.
"Je n'accepte pas que quelques dizaines de hooligans, qui n'ont de supporteurs que le nom, viennent gâcher la fête", a déclaré M. Sarkozy.
"Nous ne pouvons tolérer qu'une poignée d'individus racistes, stupides, violents (...) se permettent de perturber les matches, d'insulter les joueurs, de casser les installations sportives", a fait valoir le ministre, pour qui "c'est bien l'idéologie la plus nauséabonde, venue des bas-fonds de l'extrême droite, qui pollue aujourd'hui le monde du football".
L'UDF Pierre-Christophe Baguet a jugé "urgent" de porter "un coup d'arrêt à cette montée de violence" dans les stades, "devenus les lieux de la résurgence idéologique totalitaire".
Le PS a apporté leur soutien au texte, tout en soulignant, à l'instar de Christophe Caresche, la nécessité de "trouver des mesures appropriées et ciblées". "Le stade ne doit pas être un lieu de haine, mais un lieu de convivialité, de joie et de bonheur partagé", a renchéri Alain Néri.
La seule voix discordante est venue du PCF, dont le représentant Pierre Goldberg a exprimé sa "perplexité" face à un texte qui contribuera à "aggraver la fracture sociale".
Selon le rapport de Claude Goasguen, 458 interpellations pour des faits de violence ont déjà été effectuées à la fin de la 33e journée du championnat de football de ligue 1, contre 512 pour la saison 2004-2005 et 257 pour la saison 2003-2004.
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| Publié le: 11/04/2006 à 15:55:56 GMT |
Source : AFP |
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