| Arcelor risque d'avoir à son capital les deux rivaux Mittal et Severstal |
| PARIS (AFP) - La bataille de l'acier entre Mittal Steel et Arcelor se complique, le géant européen risquant de se retrouver avec deux gros actionnaires rivaux à son capital, Mittal et le sidérurgiste russe Severstal. |
Le numéro un mondial Mittal --qui a lancé mi-mai une offre d'achat hostile à 25,8 milliards d'euros sur Arcelor-- s'est dit mardi "toujours convaincu d'obtenir plus de 50%" des actions de son concurrent au terme de son OPA bouclée au plus tôt fin juin.
Mais le mariage de circonstance annoncé vendredi entre Arcelor et le russe Severstal rend l'issue du raid de Mittal des plus incertaines, a reconnu mardi le patron de Mittal Steel Europe, Roeland Baan.
Du coup, M. Baan s'est dit prêt à se contenter d'une participation minoritaire dans ce nouvel ensemble Arcelor/Severstal.
"Ce peut être bien si nous détenons au final peut-être 40% du groupe composé d'Arcelor et de Severstal", a-t-il déclaré mardi au Financial Times Deutschland.
"Nous continuons à viser une part de 51% d'Arcelor (...) Si nous devions obtenir moins de 50%, nous évaluerions nos options à ce moment-là", a ajouté M. Baan devant quelques journalistes à Paris.
"Avec plus de 20%, nous pourrons convoquer une assemblée générale à tout moment", a-t-il poursuivi. "Nous aurions ainsi beaucoup de pouvoir. Et nous préférons avoir cette influence que pas d'influence du tout", a-t-il fait encore valoir.
"On peut imaginer un scénario où Mordachov aurait 38% du nouvel ensemble et Mittal serait un gros actionnaire autour de 40%. C'est un cas possible mais ce n'est pas ce qu'on veut", a relativisé un porte-parole de Mittal.
Le groupe du milliardaire indien Lakshmi Mittal ne décolère pas depuis l'irruption, dans sa bataille pour le contrôle d'Arcelor, du sidérurgiste Severstal propriété du jeune milliardaire russe Alexeï Mordachov.
Pour repousser Mittal, vu comme "Attila le Hun lançant une attaque venue de l'Orient sur une société emblématique de l'Occident", Arcelor "s'est finalement vendu à Gengis Kahn", ironise M. Baan, dans l'International Herald Tribune.
Il s'est échiné mardi à démonter point par point le projet Arcelor/Severstal, qualifiant l'opération d'"insulte" aux actionnaires.
De son côté, M. Mordachov, a cherché à rassurer les actionnaires d'Arcelor. "J'ai dit que j'aimerais aller jusqu'à 45% (d'Arcelor) mais que c'était impossible car je n'ai pas l'argent nécessaire", a-t-il déclaré mardi à La Tribune.
En vertu de l'accord avec Arcelor, M. Mordachov va lui apporter la totalité de ses activités acier et minières, sa participation dans l'italien Lucchini, plus 1,25 milliard d'euros en cash.
En échange, il héritera au final 38% du nouveau groupe fusionné, une fois finalisée une opération de rachat d'actions prévu par Arcelor le 21 juin.
L'alliance Arcelor/Severstal doit être bouclée à la fin du mois de juillet, à moins qu'une majorité des actionnaires d'Arcelor ne rejette la transaction lors d'une assemblée générale prévue vers le 28 juin.
La contre-attaque d'Arcelor est une course contre la montre: l'offre d'achat de Mittal sur Arcelor court jusqu'au 29 juin avec un résultat attendu mi-juillet --la date pourrait cependant être repoussée-- et en tout état de cause après l'AG d'Arcelor qui doit valider le mariage avec Severstal.
Mittal a répété qu'en cas de succès de son OPA, "l'accord Severstal/Arcelor serait automatiquement dénoué", conformément au contrat de mariage publié vendredi. Dans le cas contraire, M. Baan n'a pas voulu spéculer plus avant, rappelant tout de même que "Severstal pouvait très bien s'en aller".
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| Publié le: 30/05/2006 à 16:51:17 GMT |
Source : AFP |
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