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Antidumping: la Chine met en garde contre une logique de confrontation
Usine de textile à Nanjing, dans l'est de la Chine le 1er décembre 2005 (© AFP/Archives - Goh Chai Hin)
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BRUXELLES (AFP) - Face à la multiplication des plaintes pour dumping de l'industrie européenne, la Chine met en garde contre une logique de confrontation et plaide pour une coopération entre Bruxelles et Pékin, en citant en exemple l'accord de septembre 2005 sur les textiles chinois.
La Commission européenne, qui doit décider en principe le 22 mars la mise en oeuvre de mesures anti-dumping limitées sur les importations de chaussures chinoises, se prépare à examiner dans un avenir proche une plainte des industriels italiens et allemands de l'ameublement.

"Les différends commerciaux sont une chose normale", relevait mardi soir l'ambassadeur de Chine auprès de l'UE Guan Chengyuan, au cours d'un débat organisé à Bruxelles par la branche européenne de l'Ifri. "Ce qui est important, c'est de savoir si on va les résoudre par la confrontation ou la coopération", ajoutait-il.


Citant en exemple l'accord bilatéral d'encadrement des importations de textiles chinois dans l'UE, M. Guan estimait que "tant que les deux parties s'en tiennent à cet esprit, nous pourrons surmonter toutes les contradictions qui pourraient surgir dans l'avenir".

"Le volume des exportations chinoises affecté par des mesures (antidumping) est nettement inférieur à 2% du total exporté vers l'UE", souligne Peter Power, porte-parole du commissaire européen au Commerce Peter Mandelson.

Entre 1995 et 2004, l'UE a lancé 52 procédures anti-dumping contre la Chine, soit moins que les Etats-Unis ou l'Inde, et 8 nouveaux cas ont été lancés en 2005, chiffre en retrait sur 2004.

A l'issue d'une rencontre mercredi à Bruxelles avec le ministre italien du Commerce Adolfo Urso, M. Mandelson a d'ailleurs affirmé que "les règles antidumping de l'Europe ne peuvent pas sauver des entreprises non compétitives, mais peuvent garantir qu'une forte concurrence soit aussi loyale".

L'Italie a été en pointe dans l'offensive contre les chaussures chinoises et il devrait en être de même pour l'ameublement.

"L'antidumping contre la Chine, c'est du populisme. C'est à la mode, c'est l'équivalent du nationalisme économique aujourd'hui en Europe", n'hésite pas à affirmer Bart Deturcq, secrétaire général de l'Union européenne de l'ameublement (UEA), dont la fédération italienne, entraînant celle de l'Allemagne et de quatre autres pays, a fait récemment dissidence.

Le débat sur la légitimité d'une action antidumping contre la Chine a été un des facteurs d'éclatement de l'UEA. "Nous en avons discuté pendant deux ans et la conclusion finale a été qu'il ne fallait pas le faire car nous pensions que prouver la réalité du dumping serait très difficile", explique M. Deturcq.

Il rappelle que les entreprises chinoises de l'ameublement, désormais au premier rang mondial, sont privées, souvent à capitaux européens ou américains, et rentables. "Elles font des bénéfices et ne vendent pas en Chine", affirme-t-il.


Il souligne aussi que Natuzzi, un leader italien du secteur, a massivement délocalisé sa fabrication en Chine et que s'agissant de la contrefaçon, qui touche surtout les meubles de design haut de gamme, l'Italie fabrique beaucoup plus de copies que la Chine.

"Nous ne sommes pas des néo-protectionnistes", se défend Filippo Perrone Donnorso, qui représente l'industrie italienne à Bruxelles. Selon lui, les six fédérations dissidentes de l'UEA qui ont créé l'EFIC (European furniture industry confederation) pèse "plus de 65% de la production européenne".

La plainte contre les importations chinoises sera déposée "le plus vite possible", un mois ou six semaines, ajoute-t-il, en expliquant que les "membres de la Commission européenne avec qui nous sommes en contact sont beaucoup plus optimistes" sur la validité du cas que le responsable de l'UEA.

Publié le: 08/03/2006 à 18:10:23 GMT Source : AFP
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