| L'ancien haut responsable bosniaque Ejup Ganic remis en liberté à Londres |
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LONDRES (AFP) - Ejup Ganic, ancien haut responsable bosniaque accusé de crimes de guerre pendant la guerre de Bosnie de 1992-1995 et arrêté début mars à Londres, a été remis en liberté conditionnelle jeudi par un juge, tandis que le président bosniaque demandait des "excuses" à Londres. |
M. Ganic est sorti de la prison de Wandsworth (sud de Londres), où il était détenu depuis son arrestation le 1er mars, jeudi peu avant 18h30 GMT dans une voiture, selon un photographe de l'AFP sur place.
La Haute cour de Londres a précisé que l'ancien responsable devrait se plier à des conditions "rigoureuses". Il devra demeurer à une adresse non précisée et située dans le centre de Londres et ne pourra pas sortir la nuit. Il ne pourra pas non plus quitter le territoire et devra se présenter chaque jour à la police.
Une caution de 300.000 livres (330.000 euros) a été versée par "une dame anonyme possédant des moyens substantiels".
"Ce n'est que le premier pas", a commenté le fils du haut responsable, Emir Ganic.
Ejup Ganic, 64 ans, ancien membre musulman de la présidence bosniaque pendant la guerre et ex-président de la fédération de Bosnie-Herzégovine, avait été arrêté le 1er mars à l'aéroport londonien d'Heathrow en application d'un mandat d'arrêt lancé en février 2009 par la Serbie pour crimes de guerre.
Ejup Ganic et 17 autres ressortissants bosniaques sont soupçonnés d'exactions commises lors de l'attaque, en mai 1992, d'une colonne de l'ex-armée yougoslave (JNA) à Sarajevo, ainsi que de crimes commis dans un hôpital et une caserne dans la capitale bosniaque.
La Bosnie-Herzégovine, ainsi que la Serbie, ont officiellement transmis à Londres une demande d'extradition.
Le président en exercice de la présidence tripartite bosniaque, Haris Silajdzic, a rencontré jeudi à Londres le ministre des Affaires étrangères David Miliband.
M. Silajdzic, représentant musulman de la présidence bosniaque, a affirmé lors d'une conférence de presse que M. Ganic n'avait pas pu téléphoner pendant deux jours et avait été privé de ses médicaments contre l'hypertension, en "violation évidente" des règles internationales.
"J'ai rencontré M. Miliband et j'ai attiré son attention sur le fait que M. Ganic avait été maltraité après son arrestation", a déclaré M. Silajdzic. "J'ai dit que des excuses s'imposaient. C'est une aberration dans des relations par ailleurs bonnes et amicales que nous entretenons" avec le Royaume-Uni, selon lui.
M. Miliband lui a promis de mener une enquête approfondie sur le traitement de M. Ganic après son arrestation, a-t-il ajouté.
M. Silajdzic a estimé que cette arrestation constituait un "revers" dans les relations entre la Bosnie et la Serbie.
"Tous les progrès dans l'amélioration de nos relations ont été pratiquement annulés", a-t-il jugé.
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| Publié le: 11/03/2010 à 19:50:08 GMT |
Source : AFP |
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