Amnesty demande l'arrêt des transferts illégaux de détenus et la fermeture de Guantanamo
BRUXELLES (MAP) - Les "atteintes aux droits humains" commises dans le cadre de la lutte antiterroriste menée par les Etats-Unis devraient être abordées en priorité lors du sommet UE-USA, qui s'ouvre mercredi à Vienne, a affirmé mardi Amnesty International, qui exige la fermeture du centre de détention de Guantanamo.
Dans un communiqué publié par son bureau européen à Bruxelles à la veille de ce sommet, Amnesty International demande à l'UE d'exiger de Washington que les activités menées par la CIA sur le territoire de pays membres de l'Union soit entièrement révélé.
Guantanamo doit également être fermé et "tous les autres lieux de détention gérés" par les autorités américaines doivent être soumis à une surveillance extérieure et mis aux normes internationales, estime l'organisation de défense des droits de l'homme.
Il aura fallu "plus de quatre ans pour que l'UE semble enfin prête à demander la fermeture de Guantanamo", a pour sa part indiqué Dick Oosting, directeur du Bureau européen d'Amnesty International.
"C'est un progrès encourageant mais l'UE ne peut ignorer les autres centres de détention des Etats-Unis ni la complicité de ses pays membres" dans le transfert de personnes "envoyées à Guantanamo et ailleurs", a-t-il ajouté.
En Afghanistan et en Irak, les autorités américaines détiennent toujours des "milliers de personnes privées de justice et à la merci de tortures ou de mauvais traitements".
Le suicide récemment de trois détenus à Guantanamo montre de "manière tragique combien les conditions de détention pour une durée indéterminée engendrent un profond désespoir", s'indigne l'organisation.
Elle estime que l'implication d'Etats membres de l'UE dans ces transferts illégaux impose à l'UE de "veiller à ce que les autorités américaines assurent la sécurité des détenus".
Le sommet de Vienne est l'occasion pour l'UE de "demander un compte-rendu détaillé des activités menées sur son territoire par la CIA", insiste Amnesty International qui se demande si la rencontre UE-USA fournira "la garantie que la CIA n'utilise plus l'Europe comme plate-forme pour transférer illégalement des détenus à Guantanamo ou dans d'autres sites secrets".