| Allemagne: verdict attendu mercredi pour le tueur de la "martyre au voile" |
| BERLIN (AFP) - La cour d'assises de Dresde (est) doit rendre mercredi son verdict dans l'affaire de "la martyre au voile", une Egyptienne tuée en plein tribunal par un Allemand d'origine russe et xénophobe. |
Le parquet a requis lundi la prison à perpétuité à l'encontre de Alex Wiens, 28 ans, qui a reconnu avoir poignardé Marwa El Sherbini à seize reprises avec un couteau de cuisine de 18 centimètres mais nie tout mobile islamophobe.
Le procureur Frank Heinrich a au contraire affirmé que l'accusé était mû par "une haine xénophobe irrépressible et sans limite". Il s'est jeté sur sa victime telle "une brute déchaînée", dans un acte "prémédité de sang froid", a martelé le magistrat, qui a demandé à la cour de reconnaître dans son jugement la "particulière gravité des faits", ce qui rendrait beaucoup plus difficile une libération anticipée après 15 ans de détention.
L'affaire a suscité l'indignation dans le monde musulman. La victime de 31 ans, qui était voilée et enceinte de trois mois au moment du meurtre, a été surnommée depuis "la martyre au voile" par la presse égyptienne.
M. Wiens avait attaqué la jeune femme le 1er juillet en plein tribunal, où il comparaissait en appel après une première condamnation à 780 euros d'amende pour lui avoir adressé des insultes racistes: en août 2008 il l'avait traitée d'"islamiste", de "terroriste" et de "salope", après qu'elle lui eut demandé si son fils pouvait utiliser la balançoire sur laquelle il était assis.
"Il est exact que j'ai une attitude hostile envers les étrangers, mais ce n'est pas là le mobile" de l'attaque, avait déclaré Wiens le 4 novembre par l'intermédiaire se son avocat. Il avait expliqué son acte par le "stress" du procès en appel et de la probabilité de se voir condamné.
Arrivé en Allemagne en 2003 en tant qu'"Aussiedler", ces Russes d'origine allemande venus en masse dans la patrie de leurs ancêtres après la chute de l'URSS, M. Wiens est également accusé de tentative de meurtre contre l'époux de Marwa El Sherbini.
En cherchant à protéger sa femme, Eloui Okaz, un généticien de 32 ans installé en Allemagne depuis 2004, avait aussi reçu des coups de poignard. Il avait en outre été blessé par balle à la jambe par un policier qui l'avait confondu avec l'assaillant.
Appuyé sur des béquilles, le veuf avait témoigné à l'ouverture du procès sous haute protection policière le 26 octobre devant le tribunal de Dresde, là même où son épouse a été tuée sous les yeux de Mustapha, leur fils de 3 ans et demi.
Les enquêteurs avaient noté une "haine féroce envers les non-Européens et les musulmans" de l'accusé qui, avant de passer à l'acte, avait déclaré que les musulmans "n'avaient pas le droit de vivre".
Les expertises psychologiques n'ont pas relevé d'éléments altérant la responsabilité du jeune homme, qui est resté silencieux à l'audience.
La cruauté de ce crime manifestement raciste mais aussi la lenteur de réaction des médias et responsables allemands avaient choqué l'opinion publique musulmane, spécialement en Egypte et en Iran.
A Téhéran, des étudiants islamiques avaient lancé des oeufs sur l'ambassade allemande, scandant "Mort à l'Allemagne! Mort à l'Europe!".
En Egypte, des milliers de personnes avaient défilé dans les rues d'Alexandrie, la ville natale de la victime.
Plusieurs jours étaient passés avant que le meurtre ne commence à faire la "une" des journaux allemands, sous l'angle de la sécurité des tribunaux.
Ce n'est qu'une semaine après les faits que le porte-parole de la chancelière Angela Merkel avait qualifié les faits de meurtre "apparemment xénophobe" au détour de l'annonce d'une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak.
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| Publié le: 11/11/2009 à 08:57:26 GMT |
Source : AFP |
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