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Alger frappé par deux attentats quasi simultanés: 23 morts
Des policiers algériens le 11 avril 2007 à Alger devant le Palais du gouvernement, visé par un attentat (© AFP - Fayez Nureldine)
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ALGER (AFP) - Au moins vingt-trois personnes ont été tuées et 162 blessées dans deux attentats quasi simultanés mercredi en milieu de matinée à Alger, dont l'un visait le Palais du gouvernement, siège du pouvoir, en plein centre-ville de la capitale algérienne.
L'autre attentat, perpétré à l'aide de trois voitures piégées, a eu lieu à Bab Ezzouar, en banlieue est de la ville et sur la route de l'aéroport international d'Alger, près de l'une des plus importantes universités du pays.

Une des trois explosions a détruit un poste électrique de la compagnie publique algérienne Sonelgaz et les deux autres ont endommagé gravement le commissariat de ce quartier populeux, comptant des dizaines d'immeubles à plusieurs étages.

L'attentat contre le Palais du gouvernement a fait 12 morts et 118 blessés, celui de Bab Ezzouar 11 morts et 44 blessés, selon un bilan provisoire de la protection civile algérienne.

Ces attaques n'avaient pas été revendiquées mercredi en fin d'après-midi.

Le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem a immédiatement condamné des attentats "criminels et lâches" "commis au moment où le peuple algérien demande la réconciliation nationale".

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a exprimé son "horreur" et son "indignation". Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a quant à lui fait part de sa "plus ferme condamnation".

Alger renoue ainsi avec les attentats en zone urbaine qui avaient été enrayés ces dernières années sous les coups de boutoir des forces de sécurité.

Des pompiers algériens devant des décombres après un attentat ayant visé le Palais du gouvernement le 11 avril 2007 à Alger (© AFP - Fayez Nureldine)
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Le Palais du gouvernement, une imposante bâtisse de plusieurs étages, héritée de la présence française, abrite les services du Premier ministre, ainsi que plusieurs ministères, dont celui de l'Intérieur.

Une voiture piégée a explosé à l'entrée du Palais, selon des témoins. Très violente, l'explosion a été entendue dans toute la ville et a partiellement endommagé la façade du bâtiment.

Des débris de verre jonchaient son esplanade, où se garent habituellement les voitures officielles des ministres et des visiteurs de marque, ainsi que les rues avoisinantes, sur un rayon de plus de 200 mètres.

Plus d'une heure après l'attentat, un épais nuage de fumée noire se dégageait encore du lieu de l'explosion, qui a creusé un large cratère sur la chaussée.

Un grand nombre d'ambulances, sirènes hurlantes, ont immédiatement afflué sur place pour secourir les victimes, dont des blessés gravement atteints.

De nombreux passants se sont agglutinés sur les marches de l'escalier monumental menant au Palais, tandis que des policiers en uniforme et en civil, reconnaissables à leur brassard, matraque en main ou le téléphone portable vissé à l'oreille, tentaient de contenir la foule inquiète.

Ces deux attentats surviennent cinq jours après un dur accrochage entre l'armée et un groupe islamiste samedi soir à Ain Defla (ouest d'Alger) au cours duquel neuf militaires ont été tués.

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L'armée mène également depuis près de vingt jours une vaste opération de ratissage en Kabylie (est de la capitale), dans la région de Béjaïa, où plusieurs milliers de militaires et membres des Groupes de légitime défense (GLD - forces auxiliaires) traquent une centaine d'élements armés appartenant au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Le GSPC s'est rallié en septembre à Al Qaïda, en se rebaptisant "Branche armée d'Al Qaïda au Maghreb".

Depuis début avril, au moins 33 personnes, dont une quinzaine de membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences attribuées aux islamistes, selon un compte établi d'après des bilans officiels et de presse.

En février, sept attentats simultanés à la bombe et à la voiture piégée contre des commissariats et des gendarmeries avaient frappé la Kabylie, faisant six morts.

Ces attentats à Alger interviennent au lendemain de la mort de quatre islamistes à Casablanca, la capitale économique du Maroc, où trois kamikazes ont fait exploser leurs charges, un quatrième a été abattu avant d'actionner ses explosifs et un policier a été tué.

Mercredi, les services de sécurité marocains étaient toujours à la recherche d'une dizaine de kamikazes qui seraient cachés dans Casablanca.

Publié le: 11/04/2007 à 14:28:35 GMT Source : AFP
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