| L'Afrique australe tente de sauver le gouvernement d'union du Zimbabwe |
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MAPUTO (AFP) - Cinq chefs d'Etat d'Afrique australe devaient tenter jeudi, lors d'un mini-sommet à Maputo, de relancer le gouvernement d'union nationale du Zimbabwe, plongé depuis trois semaines dans la pire crise depuis sa formation en février. |
Le président mozambicain Armando Guebuza, qui accueille la réunion, a entamé dans la matinée des entretiens préliminaires avec son homologue zimbabwéen Robert Mugabe, puis avec le Premier ministre Morgan Tsvangirai.
Le sommet en lui-même devait commencer dans l'après-midi en présence des présidents zambien Rupiah Banda, sud-africain Jacob Zuma, congolais Joseph Kabila et du roi Mswati III du Swaziland.
"C'est une rencontre importante", a déclaré Tomaz Salomao, secrétaire général de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), garante de l'accord de partage du pouvoir au Zimbabwe.
"Je ne peux pas dire si le sommet sera décisif, mais je pense qu'il permettra de surmonter la crise actuelle", a-t-il ajouté.
MM. Mugabe et Tsvangirai ont formé en février une coalition pour sortir leur pays d'une grave crise née de la défaite historique du parti de Robert Mugabe aux élections générales de mars 2008.
Ils ont collaboré pendant huit mois et obtenu des avancées, notamment économiques avec la fin d'une hyperinflation record, un meilleur approvisionnement alimentaire et l'amorce d'un retour des donateurs internationaux.
Mais le climat est toujours resté tendu entre les anciens rivaux.
Outre plusieurs accrochages sur la nomination de hauts responsables ou l'utilisation des fonds alloués au pays, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai n'a cessé de dénoncer la poursuite de la répression contre ses membres.
A la mi-octobre, le renvoi en détention du trésorier du MDC, Roy Bennett, sous une accusation de "terrorisme", a fait déborder le vase. Morgan Tsvangirai a suspendu tout contact avec le camp présidentiel, jugé "peu digne de confiance".
Le président Mugabe, 85 ans et au pouvoir depuis 1980, a rétorqué samedi en accusant son Premier ministre d'être un partenaire "malhonnête" pour "aller et venir" dans le gouvernement d'union.
Le ton n'est donc pas à l'apaisement et la mission des chefs d'Etat de la région risque d'être difficile.
L'assocation Human Rights Watch (HRW) les a appelés à profiter du sommet pour "considérer des sanctions ciblées" contre le parti du président, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF).
"Selon des rapports récents, la Zanu-PF continue d'arrêter et de harceler les défenseurs des droits de l'Homme et les membres de la société civile", a assuré mercredi HRW. "Si les dirigeants régionaux ne prennent pas d'actions décisives, le Zimbabwe pourrait retomber dans la violence et le chaos."
Ce pays d'Afrique australe s'était enfoncé dans la violence après la défaite du régime en mars 2008 et, selon l'ONU, les victimes se sont surtout comptées dans les rangs du MDC.
Pour épargner ses partisans, Morgan Tsvangirai s'était retiré de la course à la présidence, et Robert Mugabe, seul en lice, avait été réélu en juin.
Les leaders régionaux avaient toutefois fait pression pour qu'il accepte de négocier avec son opposant et obtenu, après de longues et âpres discussions, la mise en place du gouvernement d'union.
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| Publié le: 05/11/2009 à 11:30:30 GMT |
Source : AFP |
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