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Monde » Politique / Diplomatie Monde » Politique / Diplomatie
""L'affaire Manto"" jette des doutes sur l'intégrité du gouvernement sud-africain
PRETORIA (MAP) - La dispute qui défraie la chronique, depuis plus d'un mois en Afrique du sud, sur la ministre de la santé, Manto Tshabalala-Msimang, accusée de vol et d'alcoolisme, commence à jeter des doutes sur l'intégrité et la transparence du gouvernement, selon la plus ancienne des églises d'Afrique du sud.
""Les révélations des médias sur la ministre de la santé ont causé des dommages, mais l'interdiction d'un député au Parlement d'évoquer une question sur cette dispute a des conséquences considérables"", indique vendredi la Mission de la foi apostolique (AFM).

L'AFM faisait allusion à la suspension, jeudi, d'un député de l'opposition, pour une période de cinq jours du Parlement en raison de propos jugés indélicats, causant ainsi un retrait massif de l'ensemble de ses copartisans de l'Assemblée.


Mike Waters, de l'Alliance démocratique (DA, principal parti d'opposition), a été sommé de quitter immédiatement l'enceinte législative pour ne pas avoir obtempéré à la décision de la présidente du Parlement ayant jugé irrecevable une question du député qui voulait savoir si la ministre de la santé a été convaincue coupable de vol au moment où elle était responsable d'un hôpital au Botswana, en 1976.

""En tant qu'Eglise, nous avons affaire au quotidien aux défaillances morales des gens et nous savons que le remède le plus simple est la confession et la révélation de la vérité"", relève l'AFM dans un communiqué signé par quatre membres de son bureau national.

Soutenant que les citoyens sud-africains ne demandent que la vérité sur les révélations médiatiques au sujet du passé de la ministre, l'AFM considère qu'il y a ""des preuves concrètes d'incompétence dans le porte-feuille dont elle est responsable"".

L'Eglise, qui compte près de 1,2 million d'adeptes, ajoute que ""l'affaire Manto"", le limogeage précipité de la vice-ministre de la santé, Madlala-Routledge, et la suspension du député de l'AD du Parlement sont des faits qui nuisent sérieusement à l'Afrique du sud, tant à l'intérieur que sur le plan international.

""L'affaire Manto"" remonte à début août dernier lorsque le ""Sunday Times"" a publié, à deux semaines d'intervalles, deux articles incendiaires sur le passé de la ministre de la santé et ses démêlés avec le vol et l'alcoolisme.

Plusieurs partis politiques de l'opposition et d'acteurs de la lutte contre le sida ont, depuis, intensifié leurs appels au limogeage de celle qui s'est attirée le sobriquet de ""Dr Betterave"" pour ses préférences de la médecine traditionnelle et des traitements nutritionnels aux dépens des traitements anti-rétroviraux du sida et de la tuberculose.

Tshablala Msimang est toujours au centre d'une vive polémique à la suite du limogeage, le 8 août dernier, de la bouillonnante Madlala-Routledge, que nombre d'activistes de lutte contre le sida espéraient voir promue dans ses fonctions pour leur prêter main forte dans la lutte contre une pandémie qui frappe 12 pc d'une population de 47 millions que compte le pays.

Par ailleurs, le directeur du célèbre programme d'enquête ""Special Assignement"" a annoncé, vendredi, sa démission de la chaîne Sabc qui s'est rangée du côté de la ministre de la santé et a coupé tout lien avec le Forum national des éditeurs sud-africains (Sanef), accusant la presse indépendante de faire dans le sensationnel pour augmenter les ventes à travers la publication de rapports sur le passé de la ministre.

Dans sa lettre de démission, dont des extraits ont été publiés par la presse, Jacques Pauw souligne qu'après les accusations adressées par la direction de la chaîne aux organes de la presse écrite, ""il est clair que la Sabc s'est détériorée à rien de moins qu'une chaîne étatique"".
Publié le: 08/09/2007 à 01:05:41 GMT Source : MAP
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